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Argumentaire sur le co-développement
1. Le co-développement consiste à mobiliser les ressources, la compétence et le dynamisme des migrants en faveur du développement de leur pays. Il s’adosse à la politique d’aide au développement.
Les transferts de fonds des migrants représentent des montants considérables à l’échelle planétaire :
250 milliards de dollars, ce qui est bien supérieur au total de l’aide bilatérale. 75% de cette somme sont consacrés à des dépenses de consommation courante, alors qu’ils devraient plutôt être investis.
Les flux financiers générés par les transferts de fonds des migrants en France représentent pour leur part un montant annuel de 8 milliards d’euros, soit 0,5% du PIB de la France (rapport 2006 de M. Charles Milhaud), plus que notre aide publique au développement. Là encore 75% de ces flux financiers servent à des dépenses de santé ou de consommation courante.
2. Ces sommes représentent un levier potentiel formidable de développement économique à condition de réussir à orienter ces montants vers l’investissement productif.
Il faut donc engager une politique résolue afin d’encourager une mobilisation des migrants vivant en France et leur épargne dans l’intérêt du développement de leur pays. Le secteur associatif et les collectivités locales seront sollicités en ce sens.
Deux mesures le permettent :
- la loi du 24 juillet 2006 a créé un « compte épargne co-développement », avec des avantages fiscaux pour les migrants qui investissent dans leur pays. La mise en uvre de cette loi sera donc l’une des priorités de la politique de co-développement ;
- l’autre axe de la politique de co-développement consistera, dans le cadre d’accords de gestion concertée des flux migratoires, à généraliser à l’ensemble des pays sources d’immigration en France, la politique d’aide aux micro-projets en faveur des migrants de retour dans leur pays. L’expérience très positive engagée au Mali, qui a permis à 300 immigrés en France de rentrer dans leur pays entre 2003 et 2005, d’y créer une entreprise et de recruter des salariés, sera donc étendue.