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Argumentaire sur les propositions de Segolène Royal
Ségolène Royal le 11 février – Ce qu’on peut en retenir
I – Le retour des vieilles recettes socialistes : l’assistanat pour tout le monde, la facture pour les classes moyennes.
Un discours sans vision qui oppose les Français les uns aux autres : Paris à la province ; les
PME aux grandes entreprises ; les régions à l’Etat ; les riches aux pauvres ; les élus aux électeurs.
Un discours de recyclage de vieilles recettes qui ont échoué sous Jospin : les emplois jeunes sont devenus des emplois tremplin ; la police de proximité est devenue la police des quartiers ; les 35 heures et l’immigration subie sont de retour.
Un discours qui reprend 90% du projet socialiste et qui fait enfin apparaître les débats participatifs pour ce qu’ils sont : un moyen de gagner du temps et de masquer un manque d’idées.
Un discours qui reprend plusieurs réformes ou politiques déjà mises en œuvre : une loi sur les violences faites aux femmes ; le minimum vieillesse versé tous les mois (c’est le cas depuis 1986) ; 60.000 places en hébergement d’urgence alors que le Plan de cohésion sociale en prévoit 100.000 ; reprise des pôles de compétitivité ; réquisition des logements vacants.
Un discours qui ne passe sous silence les défis essentiels pour notre pays : fiscalité, revalorisation du travail, maîtrise des finances publiques, réforme des retraites, prise en charge de la dépendance, etc.
Un discours dispendieux (70 milliards d’euros de dépenses nouvelles) qui reste prisonnier de la logique d’assistanat généralisé chère au PS : toujours plus de dépenses nouvelles, toujours plus d’allocations, mais toujours rien sur leur chiffrage, sur leur mode de financement, ni sur leur mise en œuvre. On n’est pas dans une stratégie de réforme et de croissance comme le propose Nicolas Sarkozy, mais bien dans une spirale de paupérisation de notre pays et des classes moyennes, qui comme toujours depuis 25 ans paieront la facture.
Un discours incantatoire : beaucoup de propositions vagues qui procèdent de la pétition de principe : assurer de façon pérenne le financement de l’hôpital public, soutenir la création d’emplois culturels, développer le maintien à domicile des personnes âgées, atteindre l’objectif de zéro déchets industriels d’ici 2012.
II – Les 10 propositions les plus emblématiques : chronique d’un recul Programmé
1. Porter le Smic à 1.500€ : en route pour la société du Smic.
Il n’y a qu’à attendre : en ne changeant rien, le Smic atteindrait ce niveau en 2011.
Si cette hausse était décidée plus tôt, elle conduirait à une « smicardisation » de la société et viendrait comprimer les salaires qui sont aujourd’hui autour de 1500€. Ce n’est pas en augmentant le revenu minimum pour tous que l’on créera de la richesse pour chacun.
C’est au contraire en payant plus ceux qui font plus d’efforts en travaillant plus.
C’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy propose que, pour les heures supplémentaires, le salaire brut devienne le salaire net. L’application de cette mesure conduirait à une hausse de 1.980 euros net par an pour un salarié au Smic qui souhaiterait travailler 39h au lieu de 35h.
2. 120.000 logements sociaux par an : pourquoi la gauche ferait-elle demain ce qu’elle n’a pas fait hier ?
La gauche n’est pas crédible sur le logement : c’est sous le gouvernement de Lionel Jospin que le niveau historique le plus bas a été observé pour la construction de HLM (30.000 en 2001 selon l’économiste Jacques Marseille) ; depuis 2002, le nombre de nouveaux logements mis en chantier est supérieur de 50% à ceux recensés sous le gouvernement Jospin. Sous l’impulsion de Jean-Louis Borloo, on n’a jamais autant construit en France depuis 30 ans. C’est également la droite qui a lancé et financé un plan très ambitieux de rénovation urbaine des quartiers.
3. Création d’une police de quartier : retour à l’insécurité d’avant 2002.
C’est le retour de la police de proximité façon Jospin. Ségolène Royal n’a pas compris que la politique de sécurité du gouvernement socialiste avait été un échec marqué par une très forte hausse de la délinquance (+ 14,5%) alors. En fait, c’est depuis que la police de proximité a été recentrée sur sa véritable mission (l’identification et l’interpellation des délinquants) que la délinquance baisse (- 9,4% depuis 2002). Une police proche des citoyens, c’est une police qui les protège.
4. Consolider les 35 heures. La gauche persiste et signe : « travailler moins pour gagner moins »
Ségolène Royal affiche son intention de persister dans l’erreur commise par le gouvernement Jospin, qui était de faire croire aux Français qu’on pouvait s’enrichir en travaillant moins . Résultat : le pouvoir d’achat stagne et nous subissons un chômage plus élevé qu’ailleurs. Dans le même temps, la candidate socialiste fait l’aveu de l’échec de cette politique puisqu’elle sent la nécessité d’en corriger « les effets négatifs pour les ouvriers et les employés ».
5. Gratuité des soins pour les moins de 16 ans : de l’art de proposer ce qui existe déjà pour éviter de parler des vrais enjeux de la réforme de notre système de santé.
La gratuité des soins pour les jeunes de moins de 16 ans est un cadeau direct fait aux mutuelles : seul le forfait d’un euro actuellement n’est remboursé par aucune mutuelle et est donc à la charge des assurés, mais il se trouve que les enfants en sont dispensés. Par ailleurs, 93% des ménages sont couverts par une mutuelle. Les vraies questions s’agissant de l’égalité devant le coût des soins ne sont pas traitées, à la différence du projet de
Nicolas Sarkozy : amélioration du remboursement des soins dentaires et optiques, aide à l’acquisition de complémentaire santé pour tous les Français.
6. Rétablissement de la règle des 10 ans comme critère de régularisation : la prime à la clandestinité est de retour.
Il s’agit tout simplement d’une prime à la clandestinité, en grande partie responsable de l’immigration non-maîtrisée de ces 25 dernières années : si vous n’avez pas reçu de visa, tentez votre chance en France, faites vous exploiter pendant 10 ans en vivant dans la clandestinité et à la merci de tous les chantages, à la fin vous aurez peut-être un titre de séjour. C’est inhumain autant qu’inefficace. L’expérience a de plus montré que cette politique entraîne un appel d’air pour l’immigration clandestine (encore renforcé par le retour au laxisme dans l’attribution de l’aide médicale d’Etat réservée aux clandestins), qui fait le lit des filières illégales et des trafics.
7. Régularisation des sans-papiers sur la base de la scolarisation des enfants : l’instauration d’une nouvelle filière d’immigration massive
La scolarité est obligatoire en France jusqu’à 16 ans quelle que soit la situation administrative des parents, et il est bien entendu hors de question de demander aux professeurs de contrôler les papiers de leurs élèves. Dès lors, Ségolène Royal ne propose rien de moins que la création d’une nouvelle filière d’immigration totalement incontrôlable puisque chaque étranger avec un enfant en âge d’être scolarisé devra l’être, et qu’il ouvrira ainsi droit à régularisation pour sa famille.
8. 500.000 « emplois tremplin » ou « emplois-parents » : des emplois-jeunes pour tous
C’est le retour pur et simple des emplois-jeunes, étendus aux plus de 45 ans et aux précaires : un emploi très fortement financé par les fonds publics, sans formation qualifiante et sans réelle perspective de pérennisation une fois les aides publiques éteintes : cela revient à institutionnaliser et à subventionner la précarité pour des populations déjà fragiles.
9. Ramener la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50% (contre 80% aujourd’hui) : moins d’indépendance énergétique, moins d’emplois et d’industrie, plus de gaz à effet de serre.
Il s’agit d’une remise en cause frontale de la politique d’indépendance énergétique qui est celle de la France depuis le général de Gaulle. Très concrètement, cette décision entraînerait la suppression mécanique de 48 000 emplois. Si l’on ajoute leurs familles, 150.000 personnes subiraient de plein fouet la réorientation « stratégique » de Ségolène
Royal sur l’énergie. Par ailleurs, ce choix porterait un coup terrible à cette filière qui est l’un des fleurons de l’industrie Française (cf. EDF et Areva). Enfin, cette réorientation de notre politique d’approvisionnement énergétique conduirait à la fermeture de 15 réacteurs nucléaires sur les 58 existantes. Lesquels sont concernés ?
Ajoutons qu’il n’existe que deux alternatives crédibles au nucléaire : la décroissance c’est- à -dire la réduction drastique de notre consommation d’énergie par la récession économique et sociale, ou le retour au charbon et aux dérivés du pétrole qui émettent massivement des gaz à effet de serre et qui feront exploser le prix du kilowatt/heure. C’est un comble de prétendre développer les énergies renouvelables non pour remplacer les énergies polluantes, mais bien les énergies qui aujourd’hui polluent le moins!
10. Renforcer les compétences des régions en en finissant avec l’Etat jacobin : moins de République, moins d’égalité et plus d’impôts.
Vous avez aimé la France des Régions socialistes, vous adorerez la France de Ségolène Royal: dès 2005, pour leur premier budget à la tête des régions, les socialistes ont augmenté les impôts régionaux de plus de 20 %, c’est à dire 4 fois plus en un an que ce que leurs prédécesseurs avaient fait pendant toute la mandature 1998-2004. Entre 2004 et
2006 les recettes fiscales des régions sont passées de 4,5 Md€ à 7,5 Md€ : 3 Md€ pris sur le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité des entreprises. Tout ça pour quoi ?
Pour financer des dépenses de personnel (+ 23% entre 2005 et 2006) alors que l’investissement recule.