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La réforme du lycée
LES CHIFFRES
150 000 : c’est le nombre de jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans aucune qualification ni aucun diplôme.
64% : c’est le pourcentage d’une classe d’âge qui obtient le baccalauréat (20% en 1968).
36 : c’est le nombre d’heures de cours d’un lycéen en France.
L’ESSENTIEL
A l’occasion du bicentenaire du décret de 1808 qui a instauré les universités, créé les recteurs et le baccalauréat, le Président de la République a annoncé les grandes lignes de la réforme du lycée général et technologique.
Xavier DARCOS a transmis aux syndicats un texte qui recense seize « points de convergence » qui pourrait servir de base de discussion.
La réforme concernera l’enseignement général et technologique et rénovera la seconde à la rentrée 2009, la première en 2010 et la terminale en 2011.
Cette réforme a été précédée par la rénovation de la voie professionnelle et la mise en place du baccalauréat professionnel en 3 ans à compter de la rentrée 2009.
LA REFORME DU LYCEE EST- ELLE VRAIMENT NECESSAIRE ?
Oui et pour plusieurs raisons :
L’échec à l’université : 1 bachelier sur 2 échoue au cours de ses deux premières années à l’université.
La domination de la filière scientifique y compris pour préparer des élèves aux études littéraires ou juridiques.
La mauvaise préparation du lycée au passage à l’université.
Le lycée général et technologique ne répond plus aux enjeux actuels. Les lycéens l’ont régulièrement réclamé au cours de leurs manifestations : ils veulent un lycée plus moderne, qui soit mieux adapté à la société d’aujourd’hui et qui les rende plus autonomes.
La réforme du lycée s’inscrit dans la transformation profonde de notre système éducatif (réforme de l’école primaire, assouplissement de la carte scolaire et loi sur l’autonomie des universités…).
QUELLES SONT LES PISTES DE REFORME ?
Rééquilibrer les filières : notre dispositif est trop cloisonné. Les filières ne jouent plus leur rôle de préparation des élèves au choix d’une spécialité dans l’enseignement supérieur.
Repenser l’équilibre entre cours magistraux et travail personnel. Les emplois du temps sont surchargés par des options en tous genres qui ne profitent pas toujours aux élèves.
Permettre aux établissements de mieux s’adapter aux besoins des élèves, en offrant des parcours personnalisés et du soutien à ceux qui rencontrent des difficultés mais qui veulent réussir.
C’EST UNE ENIEME REFORME DU BAC ?
Non : ce n’est pas une réforme du bac, c’est d’abord une réforme du lycée. Ne confondons pas la cause et la conséquence.
Le baccalauréat doit retrouver son prestige et être conforté dans sa place de 1er grade universitaire. Sa forme pourra évoluer en fonction de la réforme du lycée.
POURQUOI AVOIR ENGAGE UNE RENOVATION DE LA VOIE PROFESSIONNELLE ?
Parce que la voie professionnelle doit être aussi valorisante que la voie générale ou technologique et qu’il n’y a aucune raison de préparer le baccalauréat professionnel en quatre ans alors que tous les autres lycéens obtiennent leur baccalauréat en trois ans.
Parce qu’il faut pousser les élèves à ne pas s’arrêter au BEP (brevet d’études professionnelles) :
Plus de la moitié des lycéens ne poursuivent pas jusqu’au bac pro après leur BEP. Or il manque environ 50 000 bacheliers chaque année pour répondre à la demande des entreprises, alors même que les titulaires d’un BEP ont du mal à trouver un emploi.
Parce qu’au-delà de la réforme du baccalauréat nous renforçons la voie professionnelle : Xavier DARCOS s’est engagé à ce que le diplôme du BEP soit maintenu et qu’une session de rattrapage soit créée pour le bac pro dès 2009.
Parce que la voie professionnelle n’a quasiment jamais évolué depuis sa création en 1985.
POUR REFORMER LE LYCEE, NE FAUT-IL PAS AUSSI AIDER LES ENSEIGNANTS ?
Parce que les élèves ont besoin des meilleurs enseignants, leur recrutement se fera désormais au niveau master, et leur début de carrière sera revalorisé.
Parce que l’Etat souhaite améliorer le pouvoir d’achat des enseignants :
Dès cette année, les enseignants bénéficient des heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de charges sociales, soit un milliard d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire.
La moitié des économies induites par les non renouvellements de postes sera redistribuée aux professeurs.
L’ETAT EST-IL PRET A FINANCER CES REFORMES ?
Il faut être pragmatique et sortir de la logique inefficace du « toujours plus de moyens » : les collèges et les lycées ont perdu 145 000 élèves au cours des 3 dernières années, ils en perdront 40 000 de plus à la rentrée prochaine. L’Etat doit prendre en compte ces évolutions et recruter moins d’enseignants.
QUEL CALENDRIER ET QUEL PILOTAGE POUR CES REFORMES?
Pour les enseignants, les nouveaux concours seront mis en place dès la session 2010. Xavier
DARCOS définira le contenu des nouvelles épreuves et VALERIE PECRESSE sera chargée de l’habilitation des nouveaux masters.
Pour le lycée, Xavier DARCOS a choisi un chef de projet, Jean-Paul de GAUDEMAR, recteur de l’académie d’Aix-Marseille depuis 2004 et ancien directeur de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale, pour mettre en oeuvre les décisions prises.
Verbatim
Nicolas SARKOZY, Président de la République, le 2 juin 2008
« Il nous faut, ensemble, imaginer un lycée beaucoup plus souple, qui dépasserait les impasses du cloisonnement trop rigide en filières… Cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l’enseignement supérieur. »
Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale
« Le problème de notre système éducatif n’est pas le baccalauréat […) Ne brisons pas une icône dont nous avons perdu le sens, et tâchons plutôt de redonner au lycée sa vocation de préparation aux études supérieures, dont le baccalauréat marque d’ailleurs le début. »