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La sécurité nationale à l’heure de la mondialisation
LES CHIFFRES
377 Mds € : c’est l’effort financier de la Nation d’ici 2020 pour moderniser notre défense.
225 000 hommes : ce sera l’effectif cible de notre armée à l’horizon 2014-2015 (hors DGA et administration).
+ 3 Mds : c’est l’augmentation moyenne annuelle des crédits destinés à l’équipement des armées sur la période 2009-2020.
L’ESSENTIEL
Le Président de la République veut une « armée équipée, entraînée et modernisée ».
Le Président de la République a approuvé un Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.
Une défense crédible : 30 000 hommes projetables en cas de crise grave, 300 avions de combat, un groupe aéronaval, 18 frégates, dix sous-marins nucléaires.
QUELS SONT LES AXES ESSENTIELS DU LIVRE BLANC DE LA DEFENSE DIFFUSE LE 17 JUIN 2008 ?
Le Président de la République a voulu dire la vérité aux Français sur leur outil de Défense et c’est la raison pour laquelle il a souhaité l’élaboration de ce Livre blanc.
La frontière entre sécurité extérieure et sécurité intérieure s’est estompée. C’est pourquoi le Livre blanc innove : pour la première fois, il appréhende de façon globale nos intérêts de sécurité sans les limiter exclusivement aux questions de défense.
Il définit une stratégie de sécurité nationale crédible. Cette stratégie part de l’analyse des menaces et tient compte des réalités de nos moyens financiers.
La stratégie de sécurité nationale s’articule autour de 5 fonctions essentielles :
La Connaissance et l’anticipation : qui permet de conserver notre initiative stratégique.
La Prévention : qui permet d’agir au plus tôt sur les causes des conflits ou des crises.
La Dissuasion nucléaire : c’est l’assurance vie et la liberté d’action de notre Nation.
La Protection de la population et du territoire : l’objectif est de mieux protéger notre population qui est aujourd’hui davantage exposé à des menaces (actes de terrorisme, attaques informatiques, crises sanitaires).
L’Intervention : l’intervention à l’extérieur demeurera un mode d’action essentiel de nos forces armées, le livre blanc fixe une « doctrine », des principes à respecter (légalité, légitimité).
LA FONCTION « CONNAISSANCE ET ANTICIPATION » EST UNE NOUVELLE PRIORITE DE NOTRE POLITIQUE DE DEFENSE. COMMENT CELA SE TRADUIT-IL CONCRETEMENT ?
La mondialisation crée un monde de plus en plus incertain. Dans ce cadre, la clé de l’indépendance de la Nation est dans son autonomie de décision et sa capacité d’anticipation.
C’est pourquoi la fonction « Connaissance et anticipation » devient une priorité nationale.
Un effort massif sera réalisé sur le renseignement, notamment d’origine spatiale. Les crédits consacrés aux satellites militaires seront doublés (ils atteignent 380 millions d’euros en 2008).
Un coordonnateur du renseignement assurera auprès du Chef de l’Etat la cohérence de l’action de nos services de renseignement.
LA REDUCTION ANNONCEE DU FORMAT DES ARMEES EST-ELLE COMPATIBLE AVEC L’AMBITION DE DISPOSER D’UNE FORCE D’INTERVENTION EXTERIEURE CREDIBLE ?
L’objectif est de pouvoir projeter 30 000 hommes hors de France pour une intervention majeure appuyée par 70 avions de combat et des groupes navals (groupe aéronaval, groupe amphibie ou groupe maritime de haute mer).
C’est un objectif adapté aux scénarios les plus plausibles d’engagement des forces. C’est un objectif ambitieux car nous n’avons jamais projeté 30 000 hommes depuis la crise de Suez.
A cette force extérieure, il faut ajouter un dispositif d’alerte permanent de 5 000 hommes ainsi qu’une capacité mobilisable sur le territoire national de 10 000 hommes en cas de crise majeure.
La force opérationnelle terrestre s’élèvera à 88 000 hommes.
CETTE STRATEGIE EST-ELLE REALISTE DANS LE CONTEXTE BUDGETAIRE ACTUEL ?
Comme l’a souligné le Président de la République le 17 juin, il existe, depuis des années, un décalage entre les masses budgétaires affichées et ce que les militaires vivent au quotidien. Les difficultés de l’Armée ne doivent plus être considérées comme « Confidentiel Défense ».
Les moyens financiers qui sont associés à notre stratégie de sécurité nationale sont cohérents.
Pour la première fois, le Livre blanc comprend un cadrage financier global sur 12 ans (deux programmations).
Nous prévoyons une baisse des effectifs de nos armées pour atteindre 225 000 hommes (hors DGA et administration) d’ici 2020. Mais toutes les économies réalisées seront intégralement recyclées au profit de la Défense et prioritairement investies dans les équipements. La part consacrée à l’investissement va ainsi passer de 15,5 Mds € par an à 18 Mds € en moyenne sur la période 2009- 2020.
COMMENT PEUT-ON METTRE EN OEUVRE L’EUROPE DE LA DEFENSE DANS LE CONTEXTE INCERTAIN DE L’AVENIR DU TRAITE DE LISBONNE ?
La politique de défense demeure une priorité de la présidence française de l’Union européenne et la situation institutionnelle actuelle ne change en rien cet objectif.
On peut aujourd’hui faire davantage pour construire en Europe des capacités militaires modernes, interopérables et adaptables.
La France a une grande ambition pour l’Europe de la Défense :
Être capable de mobiliser 60 000 hommes simultanément dans toute l’Europe ;
Créer des capacités civiles européennes ;
Démultiplier notre effort de recherche qui est aujourd’hui dans l’ensemble de l’Europe six fois inférieur à celui des Etats-Unis.
LE RETOUR DE LA FRANCE DANS L’OTAN SIGNIFIE-T-IL LA FIN DE NOTRE INDEPENDANCE?
La France est membre fondateur de l’OTAN et n’a jamais quitté l’OTAN. Nous avons seulement quitté le commandement intégré. A l’époque, ce choix était dicté par la volonté du Général de Gaulle de s’opposer à la logique des blocs. Ce motif n’est plus aujourd’hui d’actualité. Toutes les décisions d’interventions de l’OTAN sont prises par consensus des alliés. Nous avons décidé ensemble d’aller au Kosovo (1999) puis en Afghanistan contre Al Qaïda (2001). Les principes d’indépendance posés en 1966 ne sont pas affectés mais leur traduction dans les institutions est différente. Nous devons faire l’Europe avec l’OTAN, non contre elle : il faut lever le soupçon qui pèse sur la France de vouloir saborder l’OTAN par l’Europe de la défense. La France a déjà fait l’essentiel du chemin vers l’OTAN avec les deux précédents Chefs de l’Etat. Aujourd’hui, sur le terrain, nos troupes sont engagées avec l’OTAN, mais nous n’avons pas accès au commandement de niveau stratégique. Nous devons prendre en compte l’OTAN dans notre stratégie européenne. En tout état de cause, nous conserverons notre liberté totale d’appréciation et nous ne placerons aucun contingent sous commandement permanent de l’OTAN. Surtout, nous conserverons l’indépendance totale de notre outil de dissuasion nucléaire.