Mardi, 24 mars, 2009

Le contrat d’autonomie de l’Etat pour les jeunes

I. Etat des lieux

Le désir d’autonomie, et notamment d’autonomie financière, est une revendication légitime. Tout jeune, même s’il fait des études et plus encore s’il a des difficultés à trouver un emploi, peut éprouver le besoin d’être autonome vis-à-vis de ses parents et ressentir même ce besoin comme une question de dignité.

En France, pourtant, rien ne favorise cette autonomie. Il existe, au contraire, une grande dépendance des jeunes âgés de moins de 25 ans vis-à-vis de leurs parents. Les aides octroyées aux étudiants sont faibles et concernent peu de jeunes (30% de nos étudiants sont boursiers ; 80% des étudiants suédois sont aidés ; 13% des étudiants français sont logés dans une résidence universitaire). Les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes retardent quant à elles le moment où les jeunes peuvent devenir indépendants de leurs parents.

II. Nous donnerons aux jeunes âgés de moins de 25 ans la possibilité de signer un contrat d’autonomie avec l’Etat.

Le contrat visera deux cas différents : le financement des études ou la recherche d’emploi.

1. Le contrat d’autonomie avec l’Etat donnera le droit de poursuivre ses études de manière autonome moyennant l’attribution d’un prêt à taux zéro (ou aligné sur l’inflation), à l’instar de ce qui existe aujourd’hui en Australie ou dans les pays du nord de l’Europe.

Il bénéficiera à une très grande majorité d’étudiants. Il sera explicitement fondé sur le principe d’indépendance financière des étudiants et les considérera comme de jeunes adultes indépendants investissant dans leur éducation.

Le prêt sera assorti d’un contrôle des exigences d’assiduité, de présence et de réussite aux examens.

L’étudiant devra rembourser le prêt après ses études, une fois qu’il aura trouvé un emploi stable. Le système est vertueux. Il rend le jeune responsable de son avenir et l’incite à obtenir son diplôme dans un délai raisonnable et à choisir une filière universitaire qui offre de véritables débouchés professionnels.

2. Pour les jeunes en recherche d’emploi, le contrat d’autonomie avec l’Etat donnera le droit de suivre un programme rémunéré d’accompagnement et d’aide à la recherche d’emploi, en s’inspirant d’expériences réussies comme le service public de l’emploi dédié aux jeunes demandeurs d’emploi au Royaume-Uni (New Deal for Young People).

Le programme fera bénéficier au jeune d’un programme équilibrant droits, devoirs et sanctions, afin de favoriser son insertion rapide sur le marché du travail. Il lui garantira le versement d’une indemnisation chômage. En échange, le jeune demandeur d’emploi s’engagera dans une recherche d’emploi active, avec un accompagnement soutenu qui associera entretiens personnalisés, formation et d’autres types d’assistance.

Là encore, sauf exceptions, la rémunération accordée dans le cadre du contrat d’autonomie avec l’Etat pour recherche d’emploi, sera remboursable. Le remboursement de la rémunération interviendra lorsque son bénéficiaire aura stabilisé sa situation dans un emploi durable et correctement rémunéré.

III. Une fois le dispositif en place (quand les remboursements commencent), le coût total de la mesure ne dépassera pas 0,9 Md d’euros par an, dont 0,8 Md d’euros pour le prêt à taux préférentiel de l’Etat aux étudiants (prise en charge des intérêts par l’Etat et garantie en cas de défaillance) et 0,1 Md d’euros pour l’allocation d’autonomie aux demandeurs d’emploi (coût de non recouvrement).

Le contrat d’autonomie n’est pas un RMI jeune. Ce n’est pas un énième programme d’accès des jeunes à l’emploi. C’est un système vertueux qui concilie autonomie et responsabilité.

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Categorie: Argumentaires
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