Lundi, 23 mars, 2009

Les petites retraites

1. Les catégories les plus concernées par les petites retraites sont les femmes et les non salariés (hors professions libérales).

On peut considérer qu’il y a environ 3, 000,000 de personnes touchant une petite retraite, c’est-à-dire une retraite inférieure au minimum vieillesse (636 euros pour une personne seule), ce qui ne signifie pas pour autant qu’elles vivent avec ce niveau de revenu (cf. infra).

Une femme retraitée sur trois a une retraite inférieure à 600 euros, contre seulement 5% des hommes. En moyenne, les femmes ont des retraites inférieures de 38% à celles des hommes.

Leurs propres retraites (dites « pensions de droit direct » car acquises par la bénéficiaire en travaillant) sont en moyenne inférieures de moitié à celle des hommes. Cela résulte de carrières professionnelles moins bien rémunérées et incomplètes, car morcelées par les interruptions de carrière pour avoir élevé ses enfants et le chômage, et souvent marquées par le travail à temps partiel subi. Les femmes touchent aussi souvent des pensions de réversion, c’est-à-dire une fraction de la retraite que touchait leur conjoint quand il vivait. Les pensions de réversion sont versées dans 96% des cas à des veuves. Elles peuvent s’avérer dérisoires. Le montant moyen de la pension de réversion est de 235 € (2001). Il est légèrement supérieur lorsque le bénéficiaire ne touche que sa pension de réversion sans retraite propre (ce qui est le cas d’un bénéficiaire sur trois d’une pension de réversion soit environ 600 000 personnes), mais il reste très faible (261 €) et ne permet pas de vivre. Soit la personne à d’autres sources de revenus (par exemple de placements), soit elle doit recourir au minimum vieillesse.

Les non salariés, hors professions libérales, ont, pour leur part, des retraites sensiblement plus faibles que celles des salariés. En 2004, un agriculteur retraité touchait en moyenne 552 euros de retraite, contre 702 euros pour un artisan, 916 euros pour un commerçant, 1 100 euros pour un salarié du privé (non cadres et cadres), 1 764 euros pour un salarié de régime spécial (RATP, SNCF, EDF, GDF) et 1 851 euros pour un fonctionnaire de l’Etat. La situation des agriculteurs s’est améliorée sous la législature actuelle grâce à la mise en place d’une retraite complémentaire obligatoire (RCO), votée par les socialistes, mais financée par la droite. Un effort supplémentaire en faveur des petites retraites agricoles a été annoncé en automne 2006.

2. La question des petites retraites entraîne celle de la pauvreté des personnes âgées.

Avoir une petite retraite ne signifie pas être pauvre (tout dépend des autres revenus et de la composition du foyer). En revanche, la pauvreté des personnes âgées résulte soit de petites retraites, soit de l’absence de retraite (personnes n’ayant jamais travaillé et ne recevant pas de pension de réversion).

S’il est vrai que les personnes âgées ont parfois d’autres revenus que les retraites (revenus du capital), ont souvent moins de frais « contraints » que les ménages plus jeunes (en étant par exemple propriétaires de leurs logements), il n’en reste pas moins que de très nombreuses personnes âgées n’ont que leur retraite pour vivre et payer leur loyer. Leur situation est préoccupante, surtout lorsqu’elles sont isolées (femmes fréquemment).

Le minimum vieillesse, remplacé depuis le 1er janvier par l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), qui fonctionne comme une allocation différentielle, se monte à 636 euros pour une personne seule, alors que le seuil de pauvreté à 60% du revenu médian est de 788 euros. 610 000 personnes le touchent, tandis que 821 000 personnes âgées de 65 ans et plus sont considérées comme pauvres. 10% des femmes de 65 ans et plus sont pauvres contre 7% des hommes de la même tranche d’âge. Le taux de pauvreté des personnes âgées de plus de 75 ans est plus élevé que celui de la population générale : 11,9% (taux de pauvreté de la population dans son ensemble : 11,7%).

3. Pour donner un niveau de vie décent aux personnes âgées, nous voulons :

• Revaloriser les petites retraites des agriculteurs, commerçants, artisans, ainsi que des femmes ;

• Revaloriser le minimum vieillesse (désormais ASPA). Le moins que l’on puisse faire, c’est que son montant atteigne au moins le seuil de pauvreté.

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Categorie: Argumentaires
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