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Les principales propositions de Nicolas Sarkozy s’agissant des retraites
1. La loi Fillon est une loi juste car elle aligne largement les conditions de retraite pour la fonction publique sur le régime des salariés du secteur privé réformé en 1993 et car elle autorise les salariés ayant eu des carrières longues à partir en retraite avant 60 ans. Elle garantit le financement intégral des retraites en 2020 sous réserve d’atteindre le plein emploi en 2015 et d’avoir une progression de la productivité du travail de 1,8% par an minimum. Notre capacité à remplir ces deux conditions a été mise en doute récemment par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Nous pensons pour notre part que nous les remplirons car toutes nos propositions vont dans le sens du plein emploi et d’un accroissement de la productivité (enseignement supérieur ; recherche ; innovation). Proposer d’abroger la loi Fillon, comme le fait le parti socialiste, est donc un non sens et une posture irresponsable. Pas un seul Français n’y croit.
2. La loi Fillon fixe un rendez-vous en 2008 pour en faire le bilan. Pour des raisons d’équité et de pérennité financière du régime des retraites, Nicolas Sarkozy souhaite que ce rendez-vous permette d’aborder la question des régimes spéciaux. Les régimes spéciaux devront être réformés avec équité, c’est-à-dire dans le sens de l’égalité avec les autres régimes, mais aussi en tenant compte des inconvénients de carrière ou de salaires qui pèsent sur les salariés de ces régimes. Ce sera une négociation globale.
3. Les petites retraites sont un souci majeur. Elles touchent essentiellement les femmes et les non salariés hors professions libérales (agriculteurs, commerçants, artisans). Si nous devons être rigoureux sur l’évolution du régime des retraites et notamment sur les régimes spéciaux, c’est précisément parce qu’il faut dégager de la marge sur les petites retraites qui concernent environ 3 millions de personnes (3 millions de personnes environ ont une retraite inférieure au minimum vieillesse qui est de 636 euros par mois ; lorsque ces personnes n’ont pas d’autres formes de revenus ou un conjoint gagnant correctement sa vie, elles doivent avoir recours à l’allocation différentielle du minimum vieillesse comme moyen de subsistance. Le montant du minimum vieillesse est toutefois inférieur au seuil de pauvreté qui est de 788 euros). Porter le minimum vieillesse au moins au niveau du seuil de pauvreté et revaloriser les petites retraites seront parmi nos priorités parce que c’est une question élémentaire d’équité.
4. Le PS fait croire qu’il pourra remplacer la loi Fillon par un système de retraites fondé sur la pénibilité des emplois (âge du départ à la retraite et avantages retraites fixés en fonction de l’espérance de vie après la retraite, laquelle dépend en partie de la pénibilité des emplois). En apparence, cette proposition est juste. En pratique, elle pose de très nombreux problèmes :
• Elle est juste collectivement, mais peut être injuste individuellement (si les enseignants ont une très longue espérance de vie après la retraite, cela n’empêche pas que, pour certains enseignants, le travail quotidien est très dur) ;
• Les inégalités d’espérance de vie dépendent en partie de la pénibilité du travail, mais en partie seulement (les ouvriers ont une différence de six ans d’espérance de vie avec les cadres, mais cela résulte aussi du tabac, de l’alcool, de l’hygiène alimentaire, de l’accès aux soins) ;
• Enfin, caler le régime des retraites en fonction de la pénibilité des emplois, c’est se dégager à bon compte du vrai sujet : rendre les emplois moins pénibles.
De fait, aucun pays européen n’a mis en uvre une telle réforme.
Des négociations entre partenaires sociaux sont en cours sur la pénibilité. Elles doivent se poursuivre et Nicolas Sarkozy demande au MEDEF de jouer le jeu. Il en attend des améliorations sur la pénibilité des emplois et éventuellement une prise en compte partielle de la pénibilité dans le système des retraites. Mais il est illusoire de penser que cela pourrait constituer le fondement d’un régime des retraites en France. Notre objectif doit donc être de continuer, sur la voie de la loi Fillon, à assurer plus de justice et l’avenir financier des retraites.