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Un système de points pour attirer les meilleurs étudiants et travailleurs
I. Etat des lieux
1. Nous n’accueillons pas assez d’immigrés économiques. Avant la mise en application la loi de 2006, l’immigration économique représentait 5% des flux, l’immigration familiale et l’asile, 95%. C’est déséquilibré. De nombreux pays (Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande) ont mis en place un système de sélection des migrants pour attirer les plus motivés et ceux qui correspondent le plus à leurs besoins économiques. Si nous voulons imposer notre éthique de l’immigration, nous devons participer à la circulation des cerveaux et des compétences.
2. Par ailleurs, 1,9 millions d’étudiants effectuent leurs études en dehors de leur pays d’origine, dans unpays de l’OCDE. La France a fait de gros progrès (+ 12% d’étudiants étrangers en plus par an en moyenne depuis 1998 ; 245 300 étudiants étrangers en 2003 ; 11% des effectifs de l’enseignement supérieur, 25% pour les troisièmes cycles, 26% pour les doctorants).
Mais :
- entre 1980 et 2003, nous sommes passés de la deuxième à la quatrième place, derrière les
Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne pour l’accueil d’étudiants étrangers. Nous accueillons 9% des étudiants étrangers, contre 11% au Royaume-Uni et surtout 22% aux Etats-Unis ;
- notre recrutement est trop homogène : 52% originaires d’Afrique, 12% d’Asie. Aux Etats-Unis :
7% originaires d’Afrique, 5% d’Asie. En 2015, 60% des étudiants étrangers seront asiatiques, contre 32% aujourd’hui. Il faut créer des filières vers chez nous.
L’accueil des étudiants étrangers est déterminant pour notre pays et pour la francophonie.
400 000 chercheurs scientifiques nés en Europe travaillent aujourd’hui aux Etats-Unis. 75% ne reviendront pas. Depuis 1981, un tiers des Prix Nobel scientifiques américains sont de nationalité étrangère ou nés en dehors des Etats-Unis.
II. Notre proposition
1. Sur le modèle du Canada, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, un système de sélection par points
sera instauré pour attirer les meilleurs talents et les compétences dont nous avons besoin et rééquilibrer l’immigration économique par rapport à l’immigration familiale.
Les critères seront :
- maîtrise du français et d’autres langues étrangères ;
- qualifications, compétence (pas réservé aux emplois très qualifiés. Dépendra des besoins du marché du travail français) ;
- expérience professionnelle ;
- âge ;
- motivation (détectée lors d’un ou plusieurs entretiens).
Chaque critère donnera lieu à l’attribution de points et l’obtention d’un certain niveau de points, défini au préalable, permettra l’attribution de la carte de séjour « compétences et talents » créée par la loi de 2006 sur l’immigration. Le passage de tests sera organisé dans les ambassades et les consulats français.
2. Un dispositif analogue sera étendu aux étudiants qui souhaitent venir se former en France, et le cas échéant y effectuer une première expérience professionnelle. L’accueil des étudiants en France sera orienté en priorité, soit vers les disciplines considérées comme les plus nécessaires au développement de leur pays d’origine (scientifiques, technologiques, médicales), soit vers les disciplines les plus prisées au niveau international (nous devons éviter de laisser aux Etats-Unis et aux Britannique le soin d’accueillir les meilleurs étudiants indiens, chinois, pakistanais etc.).