Archive pour la catégorie ‘Argumentaires’

21 avril 2009

Le plan national de développement des énergies Renouvelables

 

LES CHIFFRES

 

23 % : c’est l’objectif pour 2020, de la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale.

120 000 : c’est le nombre d’emplois que pourraient représenter les énergies renouvelables en 2012.

2 millions : c’est le nombre de foyers qui seront équipés de pompes à chaleur d’ici 2020.

4,2 % : c’est la croissance des énergies renouvelables en 2007.

 

L’ESSENTIEL

 

Le développement des énergies renouvelables est indispensable pour relever le défi climatique et pour assurer notre indépendance énergétique.

Le soleil, l’eau, le vent, le bois, la chaleur de la terre, la biomasse sont des ressources abondantes directement accessibles sur notre territoire.

A l’occasion du lancement de la semaine des énergies renouvelables, Jean-Louis BORLOO a présenté un plan national de développement des énergies renouvelables destiné à réussir la transition énergétique.

Les 50 mesures concrètes contenues dans ce plan font entrer le Grenelle de l’Environnement dans chaque foyer français.

 

POURQUOI CE PLAN ?

 

Ce plan est indispensable pour remplir l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020 que la France s’est fixé, en cohérence avec l’objectif proposé au niveau européen dans le cadre du paquet « Climat-Energie ».

L’objectif est clair : réduire les émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique et développer des énergies sur notre territoire pour être indépendant énergétiquement.

Nous devons gagner le défi de la transition énergétique :

En passant d’un modèle fondé essentiellement sur le carbone à un modèle décarboné.

En passant d’un modèle fondé sur des ressources inégalement réparties sur la planète à un modèle où chaque maison, chaque entreprise et chaque collectivité pourra devenir autonome en énergie.

Les énergies renouvelables (soleil, eau, vent…) présentent l’avantage de couvrir l’ensemble du territoire, d’être inépuisables et de créer des emplois non délocalisables. Elles offrent un système énergétique décentralisé et propre.

 

QUELLES SONT LES MESURES PHARES DE CE PLAN ?

 

Un « fonds chaleur renouvelable » sera mis en place dès 2009 afin de soutenir la production de chaleur à partir de sources renouvelables. Il apportera aux entreprises et aux collectivités des aides financières pour les projets qui valorisent les énergies renouvelables. Le projet de loi de finances prévoit une dotation d’environ 1 milliard d’euros pour les trois prochaines années.

Au moins une centrale solaire sera construite dans chaque région d’ici 2011. Un appel d’offres sera lancé avant la fin 2008. Nous devons bâtir une véritable industrie solaire en France.

La production d’énergie issue du sous-sol va être multipliée par 6 d’ici à 2020. Objectif : équiper 2 millions de foyers de pompes à chaleur en relançant les programmes de géothermie.

Un milliard d’euros supplémentaire va être attribué à la recherche dans le domaine de l’environnement et des nouvelles technologies de l’énergie, dont 400 millions d’euros sur 4 ans pour un fonds de soutien aux expérimentations industrielles.

Ces mesures trouveront leur traduction dans différents projets de loi : loi de transition environnementale (Grenelle 2), projet de loi de finances.

 

CONCERNANT LES EOLIENNES ?

 

L’éolien représente entre 1/4 et 1/3 du potentiel de développement des énergies renouvelables. Si l’on veut atteindre l’objectif, contenu dans le Grenelle de l’environnement, d’une augmentation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole de la production d’énergies renouvelables d’ici 2020, le développement des éoliennes est indispensable.

Le développement de l’éolien contribue à la réduction des émissions de CO2, mais aussi à notre indépendance énergétique. Le parc éolien français, qui compte 2000 éoliennes actuellement et en comptera 8000 en 2020, devrait permettre de réduire les émissions françaises de 1,65 million de tonnes de CO2 en 2008, et de 16 millions en 2020 !

Toutefois, les éoliennes ne doivent pas se multiplier de manière anarchique. C’est pourquoi le Gouvernement va améliorer la planification et la concertation pour le développement des éoliennes terrestres. Celui-ci se fera dans le respect de nos paysages et de la qualité de vie des riverains.

 

LA FRANCE A-T-ELLE BESOIN DE CES NOUVELLES MESURES ALORS QU’ELLE EST PIONNIERE EN MATIERE D’ENERGIES RENOUVELABLES?

 

La France possède de nombreux atouts : nous sommes le 2ème producteur européen d’énergies renouvelables derrière l’Allemagne, avec une croissance de 4,2% en 2007.

La France, c’est aussi un des marchés européens les plus dynamiques en matière d’éolien : la capacité a été multipliée par 10 en 4 ans et notre pays se situe désormais au 3ème rang derrière l’Allemagne et l’Espagne.

Le crédit d’impôt a permis de dynamiser le marché des pompes à chaleur, avec une croissance de 50% entre 2006 et 2007. Avec plus de 160 000 pompes à chaleur vendues en 2007, la France est aujourd’hui le 1er marché européen.

Toutefois, la France doit multiplier ses efforts et rattraper son retard dans certains domaines comme l’énergie solaire ou la géothermie. Si nous voulons remplir l’objectif de 23% d’énergie renouvelables en 2020 et relever le défi de la transition énergétique, nous devons développer toutes les filières : le solaire, l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse.

 

POURQUOI CE PLAN MET-IL L’ACCENT SUR L’ENERGIE SOLAIRE?

 

Si l’énergie solaire est au coeur de ce plan de développement des énergies renouvelables, c’est parce qu’elle reste insuffisamment exploitée alors que nos capacités de production sont importantes.

Nous devons dynamiser le marché de l’énergie solaire, accélerer la recherche et bâtir une véritable industrie solaire en France. C’est pourquoi ce plan prévoit la construction d’au moins une centrale solaire par région d’ici 2011 et des simplifications administratives et fiscales pour l’installation de panneaux photovoltaïques.

Autre mesure : le permis de construire ne pourra plus s’opposer à l’installation de systèmes de production d’énergies renouvelables sur les bâtiments, sauf dans des périmètres nécessitant réellement une protection (secteur sauvegardé, site inscrit ou classé).

 

Verbatim

 

Nicolas SARKOZY :

 

« Nous voulons faire de la France le leader des énergies renouvelables, au-delà même de ‘objectif européen de 20 % de notre consommation d’énergie en 2020 ».

 

Jean-Louis BORLOO :

« Ce plan est le plan de transition possible entre deux modèles énergétiques radicalement différents et l’occasion pour notre pays de se situer plus que jamais aux avant-postes de la lutte contre le changement climatique ».

Word To PDF    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

Le plan de modernisation du secteur du tourisme

 

LES CHIFFRES

 

1,8 million : c’est le nombre d’emplois générés par le tourisme.

6,3% : c’est la part du tourisme dans le PIB de l’Hexagone.

9,1% : c’est la part de marché que représente la France pour le tourisme au niveau mondial, contre 11,3% en 2000.

 

L’ESSENTIEL

 

Un plan d’action pour donner un nouvel élan au secteur du tourisme a été présenté le 19 juin 2008 par Hervé NOVELLI lors des Assises nationales du Tourisme.

La France, première destination touristique mondiale, devant l’Espagne et les Etats-Unis, a vu sa part de marché diminuer à 9,1% en 2008 contre 11,3 % en 2000.

Il ne faut pas rester sur nos acquis mais bien au contraire s’adapter à l’émergence de nouvelles destinations. Un projet de loi sur le tourisme sera présenté avant la fin de l’année.

 

LA FRANCE EST LA PREMIERE DESTINATION TOURISTIQUE MONDIALE. POURQUOI CE PLAN DE MODERNISATION ?

 

Parce que le tourisme français, qui constitue le 1er secteur de l’économie avec 1,8 million d’emplois générés et 6,3% du PIB, donne des signes de fragilité.

Il est confronté à l’émergence de nouvelles destinations comme le Maroc, la Tunisie, la Croatie ou Dubaï.

Il souffre d’une baisse de compétitivité avec une offre vieillissante.

Il a vu sa part de marché diminuer à 9,1% en 2008 contre 11,3% en 2000.

En matière de recettes touristiques, l’Espagne a devancé la France en 2002 et n’occupe plus que le 3ème rang mondial avec 40 milliards d’euros en 2007.

Pour remettre le tourisme au coeur de la croissance française, Christine LAGARDE et Hervé

NOVELLI ont présenté aux Assises Nationales du Tourisme les 18 et 19 juin un plan d’action d’une quinzaine de mesures.

 

CONCRETEMENT, EN QUOI CONSISTE CE PLAN ?

 

Ce plan s’articule autour de 4 grands axes :

La rénovation de l’hébergement est engagée avec un nouveau référentiel de classement des hôtels (l’actuel date de 1986) et la création d’une cinquième étoile pour adapter l’offre à la demande et aligner la France sur les classements internationaux. Il n’y aura plus d’hôtels

« 0 étoile », la classification commençant désormais à une étoile. La rénovation de l’immobilier touristique (meublés de tourisme, résidences de tourisme) sera privilégiée. Le coût de la rénovation hôtelière est estimé à près de 10 milliards d’euros dans les prochaines années.

La mise en valeur des régions françaises, le tourisme étant aujourd’hui très concentré sur la région parisienne. L’accès à l’ensemble du territoire sera facilité par le développement des transports ferrés et aériens. L’offre touristique sera davantage centralisée grâce à la mise en place d’une plateforme technologique. Véritable vitrine du tourisme français, elle permettra une meilleure diffusion et une meilleure commercialisation des offres entre professionnels français et étrangers (tours opérateurs internationaux).

L’amélioration de la qualité et des services en matière d’accueil des touristes. « Si les touristes aiment la France, il faut que les Français aiment les touristes », comme l’a dit Christine LAGARDE.

Or, actuellement, seuls 20% des touristes s’estiment bien accueillis en France, contre 30% en

Espagne et 33% en Italie. Il y a donc urgence à améliorer l’image de notre pays en matière d’accueil et d’infrastructures. Un effort sera porté sur la formation pour adapter les compétences des acteurs en fonction de l’évolution de la demande.

La création d’une marque « France » qui n’existait pas jusqu’à présent. Elle vise, par un marketing ciblé, à capter la nouvelle clientèle mondiale provenant des pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine), à augmenter les recettes touristiques et à harmoniser l’image de la France partout dans le monde. Cette marque symbole aura pour logo une Marianne en mouvement, afin d’illustrer le dynamisme de notre pays, et pour signature « Rendez-vous en France » déclinable pour toutes les destinations.

 

LE FINANCEMENT VA-T-IL SUIVRE ?

 

« Maison de la France » est chargée de la promotion touristique de la France à l’étranger et développera une stratégie de campagnes de promotion fondée sur la nouvelle marque France.

Une discussion est engagée avec la Caisse des dépôts et Oseo pour mettre au point des outils de financement adaptés aux PME du secteur afin de faciliter les investissements de rénovation.

 

COMMENT FAIRE FACE À LA PENURIE DE MAIN D’OEUVRE DANS LE SECTEUR DU TOURISME ?

 

La question de l’emploi est au coeur des préoccupations du Gouvernement. Alors qu’il recrute énormément, le secteur du tourisme se caractérise par une importante rotation de son personnel en raison du niveau des rémunérations et des horaires lourds et décalés. Un tiers de ses salariés quitte la profession chaque année.

Le secteur du tourisme fonctionne avec beaucoup de saisonniers. Une réflexion sera menée pour tenir compte de cette spécificité et pour fidéliser la main-d’oeuvre. Cela permettra de garantir la qualité des prestations.

Selon les professionnels, 60 000 emplois seraient non pourvus. C’est pourquoi ce plan propose de mettre en place :

Une valorisation des formations pour renforcer la professionnalisation du secteur.

Des partenariats avec des pays tiers dans le domaine de la formation et de l’emploi dans le secteur tourisme.

 

COMMENT ATTIRER DE NOUVEAUX TOURISTES INTERNATIONAUX ?

 

Grâce à l’augmentation de leur pouvoir d’achat, on assiste au développement de nouvelles catégories de touristes en provenance des pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Mexique).

Cette nouvelle vague de visiteurs va permettre à la France de créer entre 300 000 et 600 000 emplois.

On ne peut pas accepter plus longtemps que des touristes qui veulent venir en France choisissent d’autres destinations parce qu’elles sont plus accessibles.

C’est pourquoi nous devons faciliter l’accès de ces touristes internationaux à notre pays et les inciter à choisir la destination France :

En accélérant l’octroi des visas envers ces pays cibles ;

En développant les transports : la grande vitesse pour le rail, les charters et le « low cost » pour l’aérien.

PDF Download    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

Le Livret A

 

LES CHIFFRES

 

46 millions : c’est le nombre de Français qui ont un Livret A.

128,1 Mds € : c’est l’encourt total du Livret A au 31 décembre 2007.

 

L’ESSENTIEL

 

Le Livret A, c’est le placement préféré des Français.

Il sert à financer la construction et la rénovation des logements sociaux.

La rémunération du Livret A est revue automatiquement 2 fois par an, la prochaine se fera le 1er février. Ce n’est pas le Gouvernement qui décide et il est prématuré d’en parler aujourd’hui.

Néanmoins, l’hypothèse d’une baisse de la rémunération permettrait de financer plus de logements sociaux.

 

QU’EST-CE QUE LE LIVRET A ?

 

Livret d’épargne défiscalisé, c’est le produit d’épargne préféré des Français choisi par 46 millions d’entre eux.

C’est un produit totalement sécurisé puisque les sommes placées sont garanties par l’État.

Au 31 décembre 2007, l’encours total était de 128,1 Mds €.

Aujourd’hui exclusivement distribué par la Banque Postale, les Caisses d’épargnes et le Crédit Mutuel (sous le nom de Livret Bleu), il sera proposé par toutes les banques à compter du 1er janvier 2009.

Les sommes collectées par les réseaux bancaires sont centralisées à la Caisse des dépôts qui prête aux organismes HLM pour construire et rénover les logements sociaux (près de 90 Mds € d’encours de prêts à long terme jusqu’à 60 ans).

 

POURQUOI LA REMUNERATION DU LIVRET A POURRAIT-ELLE DIMINUER ?

 

Ce n’est pas le Gouvernement qui décide d’augmenter ou de baisser la rémunération du Livret A.

Depuis 4 ans, le taux du Livret A dépend d’une formule automatique de calcul qui repose sur le niveau de l’inflation et des taux à court terme. Ce qui veut dire que lorsque l’inflation et le niveau des taux interbancaires progressent, la rémunération progresse. Et vice versa. Par ailleurs, la formule comporte, grâce à une décision du Gouvernement en janvier dernier, un « plancher » pour protéger les épargnants : le taux doit être au minimum égal à l’inflation + 0,25%.

La révision automatique du taux de Livret A s’effectue 2 fois par an. La prochaine aura lieu le 1er février. Il est donc prématuré d’en parler aujourd’hui. On peut toutefois noter que les personnes qui ont fait des prévisions de baisse l’expliquent par une diminution accélérée de l’inflation. L’inflation, c’est l’ennemi de l’épargne et du pouvoir d’achat : sa baisse est une bonne nouvelle !

 

QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES D’UNE BAISSE DU TAUX DU LIVRET A?

 

Dans l’hypothèse évoquée ces derniers jours, liée à la baisse actuelle de l’inflation et des taux interbancaires, la rémunération pourrait effectivement baisser automatiquement de 0.5% ou 1% en février. Pour un Livret garni de 5 000€, la différence est respectivement de… 2 ou 4 euros par mois !

N’oublions pas que le taux du Livret A était de 2,5% en 2006 et de 3% en 2007. 4% est un taux très élevé pour le Livret A, qui est lié au ressaut exceptionnel de l’inflation au premier semestre 2008.

Si le taux était ramené à 3 ou à 3,5%, ce serait de toute façon nettement supérieur à l’inflation.

Surtout, une baisse du taux du Livret A, ce serait une bonne nouvelle pour le logement social puisque le coût de son financement diminuerait, ce qui permettrait de financer davantage de logements sociaux !

PDF Creator    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

Le fonds stratégique d’investissement

 

LES CHIFFRES

 

20 Mds € : c’est le montant total de la dotation du fonds stratégique d’investissement disponible en 2009.

 

L’ESSENTIEL

 

Trois semaines après avoir annoncé la création d’un fonds stratégique d’investissement, le Président de la République en a détaillé le fonctionnement lors d’un déplacement à Montrichard devant les salariés de l’entreprise Daher.

Doté de 20 Mds €, ce fonds poursuit 2 objectifs : soutenir la croissance des PME prometteuses en leur apportant les fonds propres nécessaires à leur développement, dans un contexte de restriction du crédit ; sécuriser le capital d’entreprises stratégiques.

Face à la crise, la stratégie du Gouvernement est offensive. L’heure n’est pas à la renonciation. Nous devons miser sur l’investissement pour relancer l’activité dès aujourd’hui et accroître notre compétitivité de demain. La crise, c’est le moment de préparer l’avenir, pas de l’hypothéquer.

 

POURQUOI UN FONDS D’INVESTISSEMENT ?

 

Nos entreprises ont besoin d’investisseurs de confiance qui ne soient pas seulement attirés par une logique financière de court terme. Elles ont besoin d’investisseurs stables, « patients », qui financent leurs projets et accompagnent leur développement.

C’est pourquoi Nicolas SARKZOZY a décidé de créer un fonds stratégique d’investissement. C’est une grande première dans l’histoire économique de notre pays. C’est aussi une solution pragmatique pour faire face à une crise sans précédent.

 

A QUOI VA-T-IL SERVIR ?

 

Soutenir le développement des PME prometteuses car nos petites et moyennes entreprises innovantes ont moins de facilités que les grandes à accéder aux financements. Nous souhaitons que les entreprises à fort potentiel soient en mesure de se développer et ce, même dans un contexte de raréfaction du crédit.

Sécuriser le capital d’entreprises stratégiques. Nous ne voulons pas que des investisseurs à courte vue fassent des coups financiers en rachetant nos entreprises stratégiques parce que leur valeur en bourse s’est effondrée avec la crise. L’Etat sera là, aux côtés des industries, pour les accompagner dans la traversée de la crise comme il l’a été récemment en entrant au capital des chantiers de l’Atlantique, ou en 2004 avec ALSTOM. En protégeant nos industries, c’est toute notre économie que nous protégeons.

 

DE QUELS MOYENS DISPOSERA-T-IL ?

 

Le fonds disposera de 20 Mds € de dotation d’ici la fin de l’année 2009, le classant ainsi dans les 20 premiers investisseurs de long terme à l’échelle mondiale. Cette somme sera directement mise au service de l’économie réelle.

6 Mds € de fonds disponibles pour être investis seront débloqués très rapidement par les actionnaires du FSI (CDC et Etat) : c’est maintenant que les entreprises ont besoin de fonds propres et que le FSI doit donc leur en apporter.

14 Mds € supplémentaires seront apportés dans le courant de l’année 2009 sous forme de participations par la CDC et l’État. La CDC apportera ses participations stratégiques. L’État apportera certaines des participations qu’il détient, par exemple celles d’Air France, de Renault ou des chantiers de l’Atlantique.

 

QUELLE EST LA STRATEGIE D’INVESTISSEMENT ?

 

L’objectif de ce fonds, ce n’est pas de faire perdurer des entreprises qui ne sont pas viables mais de développer des entreprises qui ont des projets d’avenir et d’apporter des fonds propres pour financer des projets industriels novateurs et audacieux.

Pour remplir cet objectif, le fonds s’appuiera sur des principes clairs :

Il devra investir dans des projets rentables, et qui génèrent des revenus ;

Il sera minoritaire dans les entreprises où il investit. L’objectif n’est pas de constituer un groupe industriel intégré ;

Il n’agira pas seul mais avec des partenaires privés et même étrangers ;

L’horizon d’investissement n’est pas figé au niveau de chaque participation. Pour être réactif, le fonds devra en effet faire tourner son portefeuille. Mais il aura globalement une vision de long terme.

 

COMMENT CE FONDS SERA-T-IL GERE ?

 

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) va créer une filiale ad hoc qui prendra la forme d’une société anonyme.

La CDC et l’Etat sont les 2 actionnaires fondateurs du fonds, mais la CDC sera majoritaire à 51%.

D’autres actionnaires, y compris étrangers, pourront par la suite entrer au capital, mais à condition (1) que la CDC garde le contrôle du fonds et (2) que ces investisseurs adhèrent à la doctrine d’investissement.

La gouvernance exécutive serra resserrée pour une chaîne de décision responsable et réactive :

Augustin de ROMANET, le Directeur général de la CDC, sera Président du conseil d’administration qui est restreint à 7 membres. Au sein du conseil d’administration, un comité d’investissement aura pour mission de se prononcer sur les principaux investissements. Il sera présidé par Patricia BARBIZET, qui sera également administratrice du fonds. Enfin, le directeur général du fonds sera nommé par le conseil d’administration dans les prochains jours.

Un comité d’orientation, composé de représentants des entreprises, des organisations syndicales ainsi que de personnalités qualifiées, garantira la cohérence et les équilibres de la stratégie du fonds. Il sera présidé par Jean-François DEHECQ, grand industriel français et co-fondateur de Sanofi.

 

QUAND SERA-T-IL OPERATIONNEL ?

 

Le Président de la République a demandé à Christine LAGARDE, avec Luc CHATEL, Hervé NOVELLI et la CDC de finaliser dans les prochaines semaines la mise en place du fonds.

Le comité d’orientation du fonds stratégique se réunira dès le mois prochain.

 

Verbatim

 

Nicolas SARKOZY : Ce fonds « ce n’est pas dépenser l’argent public, c’est l’investir. Et pour l’investir intelligemment, nous aurons désormais un fonds stratégique, patient, performant, réactif et transparent. Je crois en son succès car je crois en l’industrie française et en son avenir ».

PDF Writer    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La suppression des mises à la retraite d’office des salariés à 65 ans

 

LES CHIFFRES

 

60 ans : c’est l’âge légal du départ à la retraite.

65 ans : c’est l’âge auquel on a forcément droit à une retraite à taux plein.

70 ans : c’est l’âge jusqu’auquel les salariés qui le souhaitent pourront travailler librement.

38% : c’est le taux d’emploi des seniors en France, un des plus faibles des grands pays développés.

 

L’ESSENTIEL

 

Dans le cadre de l’examen du PLFSS pour 2009, les députés ont voté la suppression de la mise à la retraite d’office des salariés à 65 ans.

Le but, c’est de permettre aux salariés qui le veulent de travailler plus longtemps ; ceux qui ne le souhaitent pas pourront naturellement continuer à partir à la retraite dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui.

L’amendement autorise les salariés « à prolonger leur activité au-delà de 65 ans, sous réserve d’en avoir préalablement manifesté l’intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années ».

 

LE GOUVERNEMENT VEUT-IL INSIDIEUSEMENT REPOUSSER L’AGE DE DEPART A LA RETRAITE ?

 

Il n’a jamais été question de contraindre les salariés à travailler jusqu’à 70 ans ! L’objectif, c’est de laisser les Français libres de choisir leur date de départ à la retraite. Sans changer les conditions de ce départ. Ni l’âge minimum de départ à la retraite à 60 ans, ni les modalités de calcul de la pension de retraite ne sont modifiées : les salariés qui souhaitent partir à 60 ans pourront continuer à le faire, comme aujourd’hui.

Aujourd’hui, les employeurs peuvent mettre les travailleurs à la retraite d’office à 65 ans, même contre leur gré. Cette réforme supprime cette « clause couperet » et leur offre une liberté nouvelle : le droit de travailler plus longtemps. C’est un droit supplémentaire qui ne revient sur aucun des droits acquis.

 

LES PARTENAIRES SOCIAUX ETAIENT-ILS AU COURANT DE CETTE REFORME ?

 

Dans le document d’orientation qui a été adressé aux partenaires sociaux en avril dernier, le Gouvernement leur a proposé de supprimer les mises à la retraite d’office à compter de 2010. C’est donc après une concertation approfondie qu’il a été décidé de les supprimer dans le PLFSS pour 2009.

L’Assemblée nationale a adopté cette disposition en l’amendant pour préciser les droits des salariés : elle a donné la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans, sous réserve d’en informer préalablement leur employeur.

 

COMMENT GARANTIR QUE LES SALARIES AURONT VRAIMENT LE CHOIX ?

 

Deux garanties sont mises en place :

Les salariés volontaires devront en manifester l’intention auprès de leur employeur, chaque année à partir de leur 65ème année. Si le salarié souhaite prolonger son activité ou si l’employeur a omis de l’interroger, l’employeur ne pourra pas le mettre à la retraite d’office.

La volonté devra s’exprimer chaque année, dans la limite de cinq ans, jusqu’à l’âge de 70 ans.

Le libre choix de travailler plus longtemps sera ainsi clairement exprimé et l’entreprise ne pourra pas s’y opposer.

 

PLUS DE SENIORS DANS LES ENTREPRISES, C’EST PLUS DE CHOMAGE POUR LES JEUNES ?

 

Halte aux idées reçues ! Dans les faits, un salarié âgé ne prend pas mécaniquement la place d’un salarié plus jeune : le travail n’est pas semblable à un gâteau qui se partage. La preuve, les pays où il y a le plus fort taux d’activité des seniors sont aussi ceux où il y a le plus faible taux de chômage des jeunes !

En revanche, ce qui est sûr, c’est que le faible taux d’emploi des seniors en France est un véritable gâchis pour notre pays.

Avec un taux d’emploi de 38% pour les 55-64 ans en 2005, la France se situe très en dessous de la moyenne européenne (42,5%) et loin des 50 % en 2010 fixés comme objectif au niveau communautaire. Pourtant, certains pays ont un taux d’emploi des seniors déjà bien supérieur : 45% en Allemagne, 57% au Royaume-Uni ou encore 69% en Suède.

Il n’est plus acceptable aujourd’hui qu’un salarié soit mis à la retraite par son employeur contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu’il s’épanouit dans son métier, qu’il souhaite prolonger son activité parce qu’il en a besoin (études des enfants, prêt à rembourser) ou pour améliorer sa pension de retraite notamment grâce à la surcote.

 

EN PLUS DE CETTE REFORME, QUE FAIT LE GOUVERNEMENT POUR FAVORISER L’EMPLOI DES SENIORS?

 

Le cumul emploi retraite sera autorisé sans restriction à partir du 1er janvier prochain. Il n’y aura plus de plafond ou de délai de carence (ces six mois pendant lesquels un salarié devait attendre avant de pouvoir retravailler chez son employeur) pour tous les assurés ayant une carrière complète ou 65 ans. La surcote sera plus incitative (5% de retraite en plus pour chaque année supplémentaire travaillée).

Les salariés âgés en situation de chômage seront accompagnés par le service public de l’emploi au lieu d’être mis sur la touche et dispensés de recherche d’emploi comme aujourd’hui.

Enfin, les entreprises de plus de cinquante salariés devront négocier un accord ou mettre en place un plan d’action pour l’emploi des seniors en 2009, faute de quoi elles seront pénalisées à compter du 1er janvier 2010. Ce plan devra comporter des actions concrètes et des objectifs chiffrés.

 

Verbatim

 

Le Président de la République, Nicolas SARKOZY: « Un homme ou une femme de 55 ans qui continue à travailler a un salaire, et donc du pouvoir d’achat, et donc peut consommer. Cela crée de la richesse, cela crée de la croissance et cela crée des emplois pour les plus jeunes. Quelqu’un qui est mis à la retraite alors qu’il n’en a pas envie, qu’il se sent encore jeune, qu’il a de la force, c’est quelqu’un qui s’ennuie, c’est quelqu’un qui perd du pouvoir d’achat, qui doit vivre d’une retraite, alors qu’il n’y a pas assez de cotisants. »

Le Ministre du Travail, Xavier BERTRAND : « à 65 ans, aujourd’hui, si un salarié voulait rester dans l’entreprise, il ne pouvait pas si son entrepreneur décidait de le faire partir. Il faut en finir avec ces clauses absurdes. Nous vivons de plus en plus longtemps. Laissons les Français choisir, laissons-les travailler ! »

Le Secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent WAUQUIEZ : « Quant à dire que l’emploi des seniors va nuire à l’embauche des jeunes, c’est un raisonnement malthusien qu’il faut combattre. C’est parce qu’on a plus de gens qui travaillent qu’on crée plus de richesses et d’emplois. Avoir à la fois des seniors et des jeunes dans l’entreprise, c’est un atout. »

PDF    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La sécurité nationale à l’heure de la mondialisation

 

LES CHIFFRES

 

377 Mds € : c’est l’effort financier de la Nation d’ici 2020 pour moderniser notre défense.

225 000 hommes : ce sera l’effectif cible de notre armée à l’horizon 2014-2015 (hors DGA et administration).

+ 3 Mds : c’est l’augmentation moyenne annuelle des crédits destinés à l’équipement des armées sur la période 2009-2020.

 

L’ESSENTIEL

 

Le Président de la République veut une « armée équipée, entraînée et modernisée ».

Le Président de la République a approuvé un Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

Une défense crédible : 30 000 hommes projetables en cas de crise grave, 300 avions de combat, un groupe aéronaval, 18 frégates, dix sous-marins nucléaires.

 

QUELS SONT LES AXES ESSENTIELS DU LIVRE BLANC DE LA DEFENSE DIFFUSE LE 17 JUIN 2008 ?

 

Le Président de la République a voulu dire la vérité aux Français sur leur outil de Défense et c’est la raison pour laquelle il a souhaité l’élaboration de ce Livre blanc.

La frontière entre sécurité extérieure et sécurité intérieure s’est estompée. C’est pourquoi le Livre blanc innove : pour la première fois, il appréhende de façon globale nos intérêts de sécurité sans les limiter exclusivement aux questions de défense.

Il définit une stratégie de sécurité nationale crédible. Cette stratégie part de l’analyse des menaces et tient compte des réalités de nos moyens financiers.

La stratégie de sécurité nationale s’articule autour de 5 fonctions essentielles :

La Connaissance et l’anticipation : qui permet de conserver notre initiative stratégique.

La Prévention : qui permet d’agir au plus tôt sur les causes des conflits ou des crises.

La Dissuasion nucléaire : c’est l’assurance vie et la liberté d’action de notre Nation.

La Protection de la population et du territoire : l’objectif est de mieux protéger notre population qui est aujourd’hui davantage exposé à des menaces (actes de terrorisme, attaques informatiques, crises sanitaires).

L’Intervention : l’intervention à l’extérieur demeurera un mode d’action essentiel de nos forces armées, le livre blanc fixe une « doctrine », des principes à respecter (légalité, légitimité).

 

LA FONCTION « CONNAISSANCE ET ANTICIPATION » EST UNE NOUVELLE PRIORITE DE NOTRE POLITIQUE DE DEFENSE. COMMENT CELA SE TRADUIT-IL CONCRETEMENT ?

 

La mondialisation crée un monde de plus en plus incertain. Dans ce cadre, la clé de l’indépendance de la Nation est dans son autonomie de décision et sa capacité d’anticipation.

C’est pourquoi la fonction « Connaissance et anticipation » devient une priorité nationale.

Un effort massif sera réalisé sur le renseignement, notamment d’origine spatiale. Les crédits consacrés aux satellites militaires seront doublés (ils atteignent 380 millions d’euros en 2008).

Un coordonnateur du renseignement assurera auprès du Chef de l’Etat la cohérence de l’action de nos services de renseignement.

LA REDUCTION ANNONCEE DU FORMAT DES ARMEES EST-ELLE COMPATIBLE AVEC L’AMBITION DE DISPOSER D’UNE FORCE D’INTERVENTION EXTERIEURE CREDIBLE ?

 

L’objectif est de pouvoir projeter 30 000 hommes hors de France pour une intervention majeure appuyée par 70 avions de combat et des groupes navals (groupe aéronaval, groupe amphibie ou groupe maritime de haute mer).

C’est un objectif adapté aux scénarios les plus plausibles d’engagement des forces. C’est un objectif ambitieux car nous n’avons jamais projeté 30 000 hommes depuis la crise de Suez.

A cette force extérieure, il faut ajouter un dispositif d’alerte permanent de 5 000 hommes ainsi qu’une capacité mobilisable sur le territoire national de 10 000 hommes en cas de crise majeure.

La force opérationnelle terrestre s’élèvera à 88 000 hommes.

 

CETTE STRATEGIE EST-ELLE REALISTE DANS LE CONTEXTE BUDGETAIRE ACTUEL ?

 

Comme l’a souligné le Président de la République le 17 juin, il existe, depuis des années, un décalage entre les masses budgétaires affichées et ce que les militaires vivent au quotidien. Les difficultés de l’Armée ne doivent plus être considérées comme « Confidentiel Défense ».

Les moyens financiers qui sont associés à notre stratégie de sécurité nationale sont cohérents.

Pour la première fois, le Livre blanc comprend un cadrage financier global sur 12 ans (deux programmations).

Nous prévoyons une baisse des effectifs de nos armées pour atteindre 225 000 hommes (hors DGA et administration) d’ici 2020. Mais toutes les économies réalisées seront intégralement recyclées au profit de la Défense et prioritairement investies dans les équipements. La part consacrée à l’investissement va ainsi passer de 15,5 Mds € par an à 18 Mds € en moyenne sur la période 2009- 2020.

 

COMMENT PEUT-ON METTRE EN OEUVRE L’EUROPE DE LA DEFENSE DANS LE CONTEXTE INCERTAIN DE L’AVENIR DU TRAITE DE LISBONNE ?

 

La politique de défense demeure une priorité de la présidence française de l’Union européenne et la situation institutionnelle actuelle ne change en rien cet objectif.

On peut aujourd’hui faire davantage pour construire en Europe des capacités militaires modernes, interopérables et adaptables.

La France a une grande ambition pour l’Europe de la Défense :

Être capable de mobiliser 60 000 hommes simultanément dans toute l’Europe ;

Créer des capacités civiles européennes ;

Démultiplier notre effort de recherche qui est aujourd’hui dans l’ensemble de l’Europe six fois inférieur à celui des Etats-Unis.

 

LE RETOUR DE LA FRANCE DANS L’OTAN SIGNIFIE-T-IL LA FIN DE NOTRE INDEPENDANCE?

 

La France est membre fondateur de l’OTAN et n’a jamais quitté l’OTAN. Nous avons seulement quitté le commandement intégré. A l’époque, ce choix était dicté par la volonté du Général de Gaulle de s’opposer à la logique des blocs. Ce motif n’est plus aujourd’hui d’actualité. Toutes les décisions d’interventions de l’OTAN sont prises par consensus des alliés. Nous avons décidé ensemble d’aller au Kosovo (1999) puis en Afghanistan contre Al Qaïda (2001). Les principes d’indépendance posés en 1966 ne sont pas affectés mais leur traduction dans les institutions est différente. Nous devons faire l’Europe avec l’OTAN, non contre elle : il faut lever le soupçon qui pèse sur la France de vouloir saborder l’OTAN par l’Europe de la défense. La France a déjà fait l’essentiel du chemin vers l’OTAN avec les deux précédents Chefs de l’Etat. Aujourd’hui, sur le terrain, nos troupes sont engagées avec l’OTAN, mais nous n’avons pas accès au commandement de niveau stratégique. Nous devons prendre en compte l’OTAN dans notre stratégie européenne. En tout état de cause, nous conserverons notre liberté totale d’appréciation et nous ne placerons aucun contingent sous commandement permanent de l’OTAN. Surtout, nous conserverons l’indépendance totale de notre outil de dissuasion nucléaire.

Word To PDF    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La rentrée scolaire et les chantiers engagés dans l’Education nationale.

 

LES CHIFFRES

 

88% : c’est le taux de satisfaction des demandes de dérogation à la carte scolaire cette année.

2000 : c’est le nombre d’auxiliaires de vie scolaire supplémentaires embauchés à la rentrée 2008 pour permettre la scolarisation des élèves handicapés.

1500 euros : c’est le montant de la prime que recevra chaque enseignant titularisé en septembre.

 

L’ESSENTIEL

 

Cette rentrée scolaire est marquée par de nouveaux droits pour les élèves et leurs familles. Service minimum d’accueil, soutien scolaire, école primaire, réforme du lycée… telles sont les réformes de fond engagées depuis mai 2007 par le ministre de l’Education nationale, Xavier DARCOS, et qui se poursuivront tout au long de l’année scolaire 2008-2009.

Elles mettent en oeuvre le projet présidentiel, celui d’une école plus juste, qui fait progresser les libertés et donne à chacun de plus grandes chances de réussite.

Une journée nationale d’action est prévue le 11septembre, contre les 11 200 suppressions de postes du budget 2008 et les 13 500 annoncées au budget 2009.

 

FAUT-IL CRAINDRE LA NOUVELLE MOBILISATION PREVUE PAR LES SYNDICATS ?

 

Absolument pas. Contrairement aux prévisions alarmistes, il n’y aura pas plus d’élèves par classe, et leur taux d’encadrement sera même légèrement supérieur. Chaque année, le nombre d’élèves constaté le jour de la rentrée est inférieur aux prévisions : ainsi en 2007, les effectifs du premier degré ont diminué de 960 alors qu’on annonçait une progression de 37 000 élèves.

Les non-remplacements porteront essentiellement sur les professeurs qui ne sont pas à plein-temps devant les élèves : aujourd’hui nous n’utilisons qu’à 80% les 50 000 enseignants affectés aux remplacements. Nous allons mieux utiliser ce potentiel grâce à la mise en place de l’agence du remplacement dès janvier 2009.

Il faut sortir de la seule logique d’augmentation des moyens. L’enjeu, c’est un système éducatif performant. L’école gratuite ne doit pas être une école à crédit : le poids de la dette ne doit pas reposer sur nos enfants.

 

QUELS SONT LES PRINCIPES FONDATEURS DES REFORMES MISES EN PLACE LORS DE LA PREMIERE ANNEE SCOLAIRE DU QUINQUENNAT ?

 

Les réformes engagées consacrent de nouveaux droits pour les élèves et leurs familles :

Le droit pour les parents de choisir l’établissement scolaire de leurs enfants. La carte scolaire est enfin assouplie : elle datait des années 1960 ! Pour faire face à la demande des familles, lorsque le nombre de places disponibles dans un établissement est insuffisant, nous avons mis en place un système de critères plus justes et plus transparents.

Cette année, les demandes de dérogation sont satisfaites dans 88% des cas, preuve que cette réforme répond à un véritable besoin.

C’est aussi une réforme qui assure plus de justice pour les élèves issus des milieux modestes, le nombre de dérogations accordées aux élèves boursiers a progressé de 30%.

Le droit pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires d’être accueillis dans leur école durant le temps scolaire y compris les jours de grève, grâce à la loi du 20 août 2008.

Le droit pour les élèves handicapés de connaître une scolarité normale. Près de 2000 auxiliaires de vie scolaire supplémentaires ont été embauchés à la rentrée, et 200 unités pédagogiques d’intégration ont été ouvertes : elles permettront l’accueil de 10 000 élèves handicapés supplémentaires.

Le droit de réussir à l’école quel que soit son environnement de départ, avec l’accompagnement éducatif et les stages gratuits de remise à niveau.

C’est parce que nous entreprenons des réformes de fond que nous sommes en mesure d’offrir de nouveaux services aux élèves et à leurs familles.

 

CES REFORMES VONT-ELLES PERMETTRE DE REHAUSSER LA FRANCE DANS LES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX ?

 

Le Président de la République a fixé comme objectif de diviser par 3 l’échec scolaire en sixième :

c’est pour cela que nous avons mis en place de nouveaux programmes à l’école primaire, 2 heures de soutien scolaire pour les élèves en difficulté et des stages de soutien durant les vacances de printemps et d’été.

Aujourd’hui, la moitié des étudiants redouble avant la fin de la licence. Afin de mieux préparer les lycéens à réussir leurs études supérieures, nous avons entrepris la réforme du lycée – qui entrera en vigueur à la rentrée scolaire 2009-2010 pour la classe de seconde – en concertation avec les enseignants, les chefs d’établissement et les organisations lycéennes.

En généralisant progressivement la préparation du bac professionnel en 3 ans, comme pour les baccalauréats généraux et technologiques, nous améliorerons l’insertion des jeunes dans la vie active.

 

INSTAURER LA SEMAINE DE QUATRE JOURS, N’EST-CE PAS TROP COMPLIQUE ?

 

La semaine de 4 jours est une possibilité offerte aux écoles. Elles peuvent aussi, si elles le souhaitent, organiser leurs enseignements sur quatre jours et demi, une journée ne devant pas excéder 6 heures d’enseignement. La décision appartient aux conseils d’école qui comportent des représentants des enseignants, des familles, et des élus locaux.

1 école sur 3 fait déjà la semaine de 4 jours, sans que cela soit un problème. Cette organisation permet de mieux articuler le temps scolaire avec le temps des familles, notamment des familles recomposées dont les contraintes sont souvent nombreuses en fin de semaine.

L’intérêt de la réorganisation des horaires, c’est de ramener le volume d’heures de cours des élèves français (864 heures désormais) au niveau de la moyenne européenne (800 heures) tout en dégageant 72 heures pour proposer un soutien personnalisé aux élèves en difficulté.

 

LES ENSEIGNANTS ONT-ILS QUELQUE CHOSE A GAGNER AVEC CES REFORMES ?

 

Oui. D’abord, leur pouvoir d’achat va augmenter.

Le ministère va dégager 410 millions d’euros pour les enseignants, dont 294 millions au titre des heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de cotisations.

Les jeunes enseignants recevront dès cette année une prime d’entrée dans le métier de

1500 euros, et chaque enseignant qui fera 3 heures supplémentaires par semaine recevra, en plus de sa rémunération complémentaire, une prime annuelle de 500 euros. Ainsi, un professeur certifié qui accepterait 3 heures supplémentaires (soit 21 heures sur 36 semaines de cours par an) verrait son salaire annuel augmenter de 4400 euros.

Ensuite, les modalités de recrutement et de formation des enseignants seront améliorées, avec la généralisation du recrutement au niveau master pour la session 2010 des concours. Par ailleurs, pendant leur première année d’enseignement, les enseignants seront encadrés par des professeurs expérimentés, qui les accompagneront dans leurs classes.

 

VERBATIM

 

Le ministre de l’Education nationale, Xavier DARCOS

« Une école moderne - je devrais dire, une école nouvelle génération… c’est une école qui comprend et anticipe les besoins de la société plutôt qu’elle ne contraint la société à se plier à ses propres exigences. »

PDF Download    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La réforme du lycée

 

LES CHIFFRES

 

150 000 : c’est le nombre de jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans aucune qualification ni aucun diplôme.

64% : c’est le pourcentage d’une classe d’âge qui obtient le baccalauréat (20% en 1968).

36 : c’est le nombre d’heures de cours d’un lycéen en France.

 

L’ESSENTIEL

 

A l’occasion du bicentenaire du décret de 1808 qui a instauré les universités, créé les recteurs et le baccalauréat, le Président de la République a annoncé les grandes lignes de la réforme du lycée général et technologique.

Xavier DARCOS a transmis aux syndicats un texte qui recense seize « points de convergence » qui pourrait servir de base de discussion.

La réforme concernera l’enseignement général et technologique et rénovera la seconde à la rentrée 2009, la première en 2010 et la terminale en 2011.

Cette réforme a été précédée par la rénovation de la voie professionnelle et la mise en place du baccalauréat professionnel en 3 ans à compter de la rentrée 2009.

 

LA REFORME DU LYCEE EST- ELLE VRAIMENT NECESSAIRE ?

 

Oui et pour plusieurs raisons :

L’échec à l’université : 1 bachelier sur 2 échoue au cours de ses deux premières années à l’université.

La domination de la filière scientifique y compris pour préparer des élèves aux études littéraires ou juridiques.

La mauvaise préparation du lycée au passage à l’université.

Le lycée général et technologique ne répond plus aux enjeux actuels. Les lycéens l’ont régulièrement réclamé au cours de leurs manifestations : ils veulent un lycée plus moderne, qui soit mieux adapté à la société d’aujourd’hui et qui les rende plus autonomes.

La réforme du lycée s’inscrit dans la transformation profonde de notre système éducatif (réforme de l’école primaire, assouplissement de la carte scolaire et loi sur l’autonomie des universités…).

 

QUELLES SONT LES PISTES DE REFORME ?

 

Rééquilibrer les filières : notre dispositif est trop cloisonné. Les filières ne jouent plus leur rôle de préparation des élèves au choix d’une spécialité dans l’enseignement supérieur.

Repenser l’équilibre entre cours magistraux et travail personnel. Les emplois du temps sont surchargés par des options en tous genres qui ne profitent pas toujours aux élèves.

Permettre aux établissements de mieux s’adapter aux besoins des élèves, en offrant des parcours personnalisés et du soutien à ceux qui rencontrent des difficultés mais qui veulent réussir.

 

C’EST UNE ENIEME REFORME DU BAC ?

 

Non : ce n’est pas une réforme du bac, c’est d’abord une réforme du lycée. Ne confondons pas la cause et la conséquence.

Le baccalauréat doit retrouver son prestige et être conforté dans sa place de 1er grade universitaire. Sa forme pourra évoluer en fonction de la réforme du lycée.

 

POURQUOI AVOIR ENGAGE UNE RENOVATION DE LA VOIE PROFESSIONNELLE ?

 

Parce que la voie professionnelle doit être aussi valorisante que la voie générale ou technologique et qu’il n’y a aucune raison de préparer le baccalauréat professionnel en quatre ans alors que tous les autres lycéens obtiennent leur baccalauréat en trois ans.

Parce qu’il faut pousser les élèves à ne pas s’arrêter au BEP (brevet d’études professionnelles) :

Plus de la moitié des lycéens ne poursuivent pas jusqu’au bac pro après leur BEP. Or il manque environ 50 000 bacheliers chaque année pour répondre à la demande des entreprises, alors même que les titulaires d’un BEP ont du mal à trouver un emploi.

Parce qu’au-delà de la réforme du baccalauréat nous renforçons la voie professionnelle : Xavier DARCOS s’est engagé à ce que le diplôme du BEP soit maintenu et qu’une session de rattrapage soit créée pour le bac pro dès 2009.

Parce que la voie professionnelle n’a quasiment jamais évolué depuis sa création en 1985.

 

POUR REFORMER LE LYCEE, NE FAUT-IL PAS AUSSI AIDER LES ENSEIGNANTS ?

 

Parce que les élèves ont besoin des meilleurs enseignants, leur recrutement se fera désormais au niveau master, et leur début de carrière sera revalorisé.

Parce que l’Etat souhaite améliorer le pouvoir d’achat des enseignants :

Dès cette année, les enseignants bénéficient des heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de charges sociales, soit un milliard d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire.

La moitié des économies induites par les non renouvellements de postes sera redistribuée aux professeurs.

 

L’ETAT EST-IL PRET A FINANCER CES REFORMES ?

 

Il faut être pragmatique et sortir de la logique inefficace du « toujours plus de moyens » : les collèges et les lycées ont perdu 145 000 élèves au cours des 3 dernières années, ils en perdront 40 000 de plus à la rentrée prochaine. L’Etat doit prendre en compte ces évolutions et recruter moins d’enseignants.

 

QUEL CALENDRIER ET QUEL PILOTAGE POUR CES REFORMES?

 

Pour les enseignants, les nouveaux concours seront mis en place dès la session 2010. Xavier

DARCOS définira le contenu des nouvelles épreuves et VALERIE PECRESSE sera chargée de l’habilitation des nouveaux masters.

Pour le lycée, Xavier DARCOS a choisi un chef de projet, Jean-Paul de GAUDEMAR, recteur de l’académie d’Aix-Marseille depuis 2004 et ancien directeur de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale, pour mettre en oeuvre les décisions prises.

 

Verbatim

 

Nicolas SARKOZY, Président de la République, le 2 juin 2008

« Il nous faut, ensemble, imaginer un lycée beaucoup plus souple, qui dépasserait les impasses du cloisonnement trop rigide en filières… Cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l’enseignement supérieur. »

 

Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale

« Le problème de notre système éducatif n’est pas le baccalauréat […) Ne brisons pas une icône dont nous avons perdu le sens, et tâchons plutôt de redonner au lycée sa vocation de préparation aux études supérieures, dont le baccalauréat marque d’ailleurs le début. »

PDF Creator    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La proposition de Nicolas Sarkozy concernant les personnes âgées

 

PRINCIPAUX CHIFFRES SUR LES PERSONNES AGEES

 

- DEPENDANCE : environ un million de personnes âgées dépendantes en France (971 000 bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie) ; 3,7 millions d’« aidants » non professionnels (famille, voisins) soutenant une personne âgée dépendante.

 

- RETRAITES : 13,4 millions de retraités (2004) ; environ trois millions de petites retraites ; une femme sur trois a une retraite inférieure à 600 euros ; retraite moyenne pour un exploitant agricole : 552 € ; artisan : 702 € ; commerçant : 916 € ; salarié du privé : 1 100 euros ; salarié de régime spécial (RATP, SNCF, EDF, GDF) : 1 764 euros ; fonctionnaire de l’Etat :

1 851 euros. Les salariés de régimes spéciaux ont une durée moyenne de retraite supérieure de 6 à 7 ans à celle des salariés du régime général ;

 

- PAUVRETE DES PERSONNES AGEES : 622 000 bénéficiaires du minimum vieillesse (remplacé par l’allocation de solidarité aux personnes âgées - ASPA), qui se monte à 636 € pour une personne seule, soit moins que le seuil de pauvreté qui est de 788 € ; 821 000 personnes âgées pauvres ;

 

- SANTE DES PERSONNES AGEES : environ 150 000 nouveaux cas de maladie d’Alzheimer et maladies apparentées (démences) sont détectés chaque année (860 000 malades aujourd’hui, plus de 2 millions en 2040) ; un ouvrier vit en moyenne 7 ans de moins qu’un cadre ;

 

- DEMOGRAPHIE : 2,5 millions de personnes âgées de plus de 75 ans en 2000 et 10 millions en 2040 ; 17 000 centenaires actuellement, 48 000 en 2040.

 

1 – Première priorité : améliorer la solidarité envers les seniors les plus pauvres

 

- poursuivre l’amélioration du régime des retraites agricoles ;

 

- revaloriser les retraites de certaines professions ou catégories de personnes : femmes, parent au foyer, artisans, commerçants ;

 

- revaloriser le minimum vieillesse en le portant au minimum au niveau du seuil de pauvreté ;

 

- pouvoir améliorer sa retraite en choisissant le moment de son départ en retraite.

 

2 – Garantir l’avenir et l’équité du système de retraite par répartition

 

- conserver et conforter la loi de 2003 sur les retraites, car elle permet de sauver la retraite par répartition;

 

- réformer les régimes spéciaux de retraite « dans un souci de justice et d’équité ».

 

3 – Inciter les seniors à rester actifs et insérés dans la société, et valoriser les solidarités intergénérationnelles

 

- encourager la pratique du sport par les seniors ;

 

- inciter les parents et les grands parents à aider financièrement leurs enfants et leurs petits enfants grâce à la suppression des droits de donations et de successions ;

 

- encourager les seniors à rester actifs (avantages fiscaux s’ils ont des activités d’intérêt général par exemple);

 

- intégrer les ascendants à charge qui vivent chez leurs enfants dans le quotient familial (pas seulement pour les invalides).

 

4 – Retarder le vieillissement

 

- accélérer la recherche sur les cellules souches adultes (qui ouvrent des perspectives thérapeutiques intéressantes pour le traitement notamment des maladies d’Alzheimer ou de Parkinson) ;

 

- développer une politique de prévention, en encourageant les consultations préventives et les examens de dépistage précoce et en triplant en cinq ans le budget consacré aux politiques de prévention (qui intéressent aussi les personnes âgées : Alzheimer, cancer du sein, ostéoporose) ;

 

- engager un plan de recherche et de prise en charge pour les maladies neurodégénératives (plan

Alzheimer) sur le modèle du plan Cancer.

 

IMPORTANT : Afin de responsabiliser les patients au coût de la santé, nous avons proposé d’introduire une franchise de soins, non remboursable par les assurances complémentaires, en prévoyant quelques exonérations limitées. Celles-ci devront viser les bénéficiaires du minimum vieillesse / ASPA.

 

5 - Mettre en place une politique cohérente de prise en charge de la dépendance

 

- créer une cinquième branche de la protection sociale, cogérée par la sécurité sociale et les départements, pour assurer une prise en charge coordonnée de la dépendance sur tout le territoire dans des conditions égales pour tous. Cette prise en charge devra privilégier le maintien à domicile ;

 

- remédier aux manques de structures de prise en charge des personnes âgées dans les zones rurales ;

 

- aider les aidants à aider et éviter l’isolement des plus âgés :

 

créer un droit au répit pour les personnes s’occupant de personnes âgées dépendantes, en développant les structures d’accueil temporaire et l’emploi ponctuel de personnel médico-sociaux à domicile ;

créer un congé de solidarité familial rémunéré, afin d’aider un proche à se consacrer à l’accompagnement d’un personne très âgée en fin de vie.

PDF Writer    Envoyer l'article en PDF   
21 avril 2009

La présence française en Afghanistan

 

LES CHIFFRES

 

3000 : c’est le nombre de militaires français actuellement engagés en Afghanistan.

50 000 : c’est le nombre de soldats engagés en Afghanistan au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN.

39 : c’est le nombre de pays engagés en Afghanistan.

 

L’ESSENTIEL

 

La décision de participer a été prise en 2001 sous le gouvernement de Lionel Jospin, après un débat au Parlement.

L’Afghanistan était sous le joug de la dictature talibane et la base arrière du terrorisme mondial, où il trouvait refuge, assistance et financements grâce à un abondant trafic de drogue. C’est dans ce pays qu’ont été préparés les attentats du 11 septembre.

Comme l’a souhaité le Président de la République, le gouvernement organisera une déclaration sur l’Afghanistan, suivie d’un débat, dans le cadre de la session extraordinaire du Parlement à partir du 22 septembre.

 

QUEL EST L’ETAT DES LIEUX DES FORCES FRANÇAISES ENGAGEES EN AFGHANISTAN ?

 

Environ 3 000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.

La France n’est pas seule en Afghanistan, l’ISAF compte 50 000 soldats, déployés par 39 pays. 25 des 27 pays de l’Union européenne sont présents à nos côtés en Afghanistan.

Le 5 août dernier, nous avons pris le commandement de la zone Centre/Kaboul, où près de 1 800 de nos hommes sont déployés. C’est dans cette région qu’a eu lieu le drame.

Environ 280 soldats et officiers français sont présents dans le pays au titre de la formation de l’armée afghane à différentes missions militaires.

Il faut ajouter à ce dispositif des militaires stationnés dans les pays voisins (Tadjikistan) et qui servent de force d’appui aux combattants engagés directement sur le théâtre des opérations. Au total, notre engagement se situe autour de 3 600 hommes dans la région.

 

POURQUOI SOMMES-NOUS ENGAGES DANS CETTE REGION ?

 

Parce que les valeurs de la France sont universelles, qu’elle promeut la liberté, l’égalité et la démocratie, il était impératif que la France s’engage aux côtés des forces alliées. Nous sommes en Afghanistan parce que c’est dans cette région que se joue une part de la liberté du monde, et parce que c’est là ou se mène le combat contre le terrorisme.

Il s’agissait d’une action de légitime défense suite aux attentats du 11 septembre 2001. Cette opération a été engagée dans le cadre d’un mandat de l’ONU, délégué à l’OTAN pour sa mise en oeuvre.

Le Premier ministre d’alors était le socialiste Lionel Jospin, et l’Assemblée nationale était elle aussi dominée par la « majorité plurielle » de gauche. Le Président de la République Jacques Chirac appuyait aussi cette intervention. Il s’agissait donc d’une décision de consensus.

Il faut se souvenir que l’Afghanistan était sous le joug de la dictature talibane, avec son lot d’asservissement des femmes, d’exécutions barbares et de châtiments corporels d’un autre temps, d’obscurantisme culturel et de prohibition des libertés.

 

QUELS SONT NOS RESULTATS SUR PLACE, EN DEHORS DES ACTIONS MILITAIRES ?

 

Depuis 2001 :

Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 900.000 à 6 millions ;

Le nombre d’Afghans ayant accès à des soins est passé de 8% à près de 80% ;

4 000 km de routes ont été construites ;

La mortalité infantile a été réduite de 25 points, soit 40.000 enfants sauvés par an ;

20% de la population a accès à l’eau potable contre 4% en 2001, etc.

 

POURQUOI LA SECURITE DU MONDE SE JOUE-T-ELLE EN AFGHANISTAN ?

 

La zone est d’une très grande instabilité. L’Afghanistan est enchâssé entre l’Iran à l’ouest, le Pakistan au sud à l’est, à proximité immédiate de la zone explosive du Cachemire. C’est donc un enjeu stratégique essentiel de la lutte pour la démocratie et la paix dans la région. Si nous abandonnions l’Afghanistan, le terrorisme international reprendrait ses droits, avec l’appui logistique et financier de certains de ses voisins. Si l’on se retirait, la sécurité intérieure des pays occidentaux serait directement menacée.

La meilleure preuve que l’Afghanistan est devenu un enjeu pour le terrorisme international, c’est que sur les talibans tués lors de la riposte de nos forces armées, une minorité était afghane. S’il s’agissait d’un conflit interne à l’Afghanistan, l’écrasante majorité des victimes adverses serait afghane.

 

POURQUOI LES POLEMIQUES SOCIALISTES SONT-ELLES MALVENUES ?

 

Parce qu’elles ne respectent pas le temps du deuil : les corps des soldats Français n’étaient pas encore sur notre territoire que les socialistes français déchiraient déjà une unité nationale respectée pourtant par tous les autres partis de gouvernement, même à gauche.

Parce que les socialistes français semblent être les seuls en Europe à ne pas comprendre ce qui se trame dans cette partie du monde : Javier Solana, ministre socialiste pendant près de 15 ans en Espagne, a indiqué que les soldats Français « servaient la liberté et la démocratie » en Afghanistan ; Gordon Brown a adressé « à tous les Français nos remerciements sincères pour l’engagement de la France à participer au maintien de l’ordre en Afghanistan ».

Enfin, parce que la nouvelle réforme constitutionnelle, à laquelle les socialistes étaient pourtant fermement opposés, va permettre d’avoir un débat digne dans le seul lieu qui s’impose pour ces questions essentielles : le Parlement.

Ce débat, c’est le Président de la République qui l’a souhaité, conformément à l’esprit de la réforme constitutionnelle. Les socialistes prouvent encore une fois leur incohérence : ils ont refusé de voter ce principe parce que nous le proposions et ils en demandent l’application quelques semaines plus tard.

 

QUELLES SONT LES ALTERNATIVES À NOTRE PRESENCE SUR PLACE ?

 

Soit nous décidons d’abdiquer, et de laisser les Afghans lutter seuls face à des forces qui, elles, raisonnent à l’échelle internationale. A ce moment-là, les terroristes auraient gagné leur combat, et il serait bien illusoire de croire que cette seule victoire leur suffirait : notre sécurité nationale serait directement menacée par un effondrement de l’Afghanistan. Il redeviendrait un sanctuaire pour un terrorisme international qui cible directement notre pays, ses valeurs, ses principes, ses intérêts et ses ressortissants.

Soit nous nous montrons à la hauteur du sacrifice de ces 10 soldats français et de l’engagement de leurs camarades présents en Afghanistan, parce qu’ils défendent des valeurs justes et essentielles en même temps que la sécurité de nos compatriotes. Dès lors, il nous faut évidemment nous interroger, en lien avec nos alliés, sur les modalités de notre intervention sur le terrain, notamment afin de protéger au maximum nos soldats.

 

Verbatim

 

Lionel Jospin, le 9 octobre 2001 à l’Assemblée nationale.

« Si l’on veut frapper le terrorisme, il est logique de le faire là où est son premier sanctuaire, en Afghanistan. »

Noël Mamère, le 25 octobre 2001 à l’Assemblée nationale.

« Le peuple afghan a vécu le pire sous la dictature intégriste des talibans. »

Yamgnane Kofi, député socialiste, le 15 janvier 2001.

« Depuis la prise du pouvoir par les talibans en 1996 (..) la situation est à ce point dramatique qu’une femme a été battue à mort pour avoir exposé son bras incidemment en conduisant. Une autre a été lapidée pour avoir tenté de quitter le pays en compagnie d’un homme. »,

 

 

PDF    Envoyer l'article en PDF