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L’Île-Saint-Denis
L’Île-Saint-Denis est une commune française de la Seine-Saint-Denis souvent considérée, à tort, comme une partie de la ville de Saint-Denis.
Ses habitants sont les Ilo-Dionysiens ou Ilodionysiens.
De par sa taille et sa population, il s’agit d’une des plus petites communes de la Seine-Saint-Denis.
Géographie
L’Île-Saint-Denis est une commune dont le territoire est celui d’une île fluviale de la Seine, l’Île Saint-Denis. Elle fait partie des sept communes de France métropolitaine implantées exclusivement sur une île fluviale. Elle se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de Paris.
Limitrophe des Hauts-de-Seine, c’est la commune la plus à l’ouest de la Seine-Saint-Denis.
L’Île-Saint-Denis a la particularité d’être en forme de croissant, elle s’inscrit dans un des nombreux méandres de la Seine. Ainsi lorsque l’on est à l’extrémité nord de l’île on peut apercevoir les bâtiments se trouvant à l’autre extrémité en regardant vers le sud, alors que l’axe de l’île semble partir vers l’est.
Elle est reliée aux autres territoires par trois groupes de deux ponts, dont ceux de l’Ile-saint-Denis, qui assurent la continuité de la Nationale 186, et est surplombée par le viaduc de l’autoroute A86
Quartiers de la commune
Du nord au sud de la commune, on trouve successivement :
Dans la pointe de l’île, une petite réserve naturelle où les oiseaux migrent et où le public ne peut pénétrer. L’accès ne se fait que par bateau.
Le parc départemental de l’Île-Saint-Denis, qui commence au niveau du pont d’Épinay-sur-Seine et se termine au niveau du collège Alfred Sisley. Il constitue l’un des sites protégés Natura 2000 de Seine-Saint-Denis
Le parc a la particularité d’occuper toute la largeur de l’île et ne laisse la place qu’à une route reliant le pont de l’Île-Saint-Denis à celui d’Épinay. Cette voie est appelée Quai de la Marine.
On trouve ensuite les premières habitations et notamment la cité HLM Maurice Thorez. Juste à côté se trouve l’une des trois écoles de la commune, l’école Paul Langevin construite dans les années 60.
Vient ensuite le quartier ancien de l’Île-Saint-Denis, caractérisé par ses maisons individuelles.
La grande artère de l’Île, la rue Méchin, traverse l’île d’est en ouest. Cette rue, qui est un tronçon de la RN 186, est la continuité de l’axe qui reliait toutes les fortifications avancées protégeant Paris avant 1870.
La rue Méchin est le centre parfait de l’Île-Saint-Denis. On y trouve la mairie et les principaux commerces de la ville (pharmacie, bureau de tabac…).
En continuant vers le sud on trouve l’église, l’école Samira Bellil et d’autres cités comme celle d’Allende et du Bocage, ainsi que la rue Lénine et les bâtiments du même nom. Ce sont les dernières habitations du centre de l’île avant une vaste zone d’entrepôts, aujourd’hui en partie exploités par les Galeries Lafayette, le reste ayant été abandonné par le Printemps. Aujourd’hui encore cette partie de l’île, le long du quai du Châtelier, est une vaste friche industrielle et seules des entreprises comme Colas et Lotermat subsistent.
La partie située au sud de l’autoroute A86 sera restructurée pour devenir un écoquartier, qui comprendra au moins 300 logements, pour la plupart en accession à la propriété, des commerces et des activités mixtes, une base nautique, 550 emplois, vraisemblablement en lien avec la Cité du cinéma de Luc Besson, situé de l’autre coté de la Seine et qui sera accessible par une passerelle facilitant également l’accès de l’Île au Carrefour Pleyel et sa station de métro. Le projet, qui sera attribué à l’automne 2008 par Plaine Commune à l’une des trois équipes candidates, comprendra un volet environnemental très strict notamment en matière d’espace public respectueux de la nature et du fleuve, de sobriété énergétique, de traitement de l’eau et de circulation douce[1].
Arrive ensuite Marques Avenue plus connu sous le nom de Quai des Marques qui a racheté une partie des entrepôts du Printemps. Marques Avenue côtoie les cités Marcel Cachin et Marcel-Paul (ex-Pagel), cette dernière appartenant à l’OP HLM de Saint-Ouen et constituant le dernier groupe de logements au sud de l’île, près de l’école Jean Lurçat.
À l’extrémité sud de l’île vient enfin le centre sportif de l’Ile des Vannes, conçu par les architectes Anatole Kopp et Chazannof et l’ingénieur René Sarger, inauguré en 1968, qui appartient à la commune de Saint-Ouen[2]. Sa grande nef, qui a également abrité plusieurs congrès du PCF, a accueilli le rassemblement de la gauche anti-libérale des 9 et 10 décembre 2006.
Globalement, l’île a souffert d’une urbanisation peu harmonieuse : grandes cités HLM, espaces industriels aujourd’hui abandonnés, ponts autoroutiers, manque de communication entre quartiers… qui a facilité l’émergence d’un mouvement associatif écologiste. Ainsi à la surprise générale le vert Michel Bourgain a été élu maire de ce bastion communiste en 2001, puis en 2008, où il a été fortement concurrencé par une liste d’union de la gauche.
Économie
L’activité économique de la commune, autrefois essentiellement liée à la Seine (port, entreposage, pêche…) est aujourd’hui faible. La zone des entrepôts, qui a perdu son activité, se requalifie progressivement, l’activité ne subsistant que dans le centre commercial Marques Avenue, qui, sous l’enseigne Quai des Marques, regroupe plus de 70 boutiques et emploie environ 300 salariés.
L’entreprise de travaux publics Colas emploie 120 salariés, et Rocamat (Production de pierres naturelles pour le bâtiment et les travaux publics) 75 salariés environ[5].
Histoire
Le pont suspendu reliait l’Île à Saint-Denis de 1844 à 1905
La commune est née de la réunion, à la fin du XIXe siècle, de quatre îlots : l’île Saint-Denis, l’île du Châtelier, l’île de Vannes et l’île du Javeau.
Au Xe siècle, Bouchard le Barbu possédait l’île centrale d’où il rançonnait tous les navires qui passaient dans les parages et notamment ceux des moines de l’abbaye de Saint-Denis. Pour mettre fin à leurs disputes le roi Robert le Pieux offrit à Bouchard le Barbu le fief de Montmorency et l’abbaye obtint la seigneurie des îles qu’elle conserva jusqu’à la Révolution.
Pendant la Révolution, l’Isle Saint-Denis sera renommée en Isle-Franciade avant de reprendre son nom d’origine, mais avec l’orthographe moderne Île au lieu de Isle.
Au XIXe siècle, L’Île-Saint-Denis, située sur le trajet fluvial Paris - Rouen - Le Havre, possède alors un port d’amarrage très fréquenté par la marine marchande.
À côté des pêcheurs et des mariniers, on retrouve d’autres professions liées à la présence du fleuve comme les blanchisseuses et les scaphandriers.
La construction de ponts suspendus en 1844[7] permettent de joindre l’Île à Saint-Denis et à Gennevilliers, puis, en 1856, de l’Île à Saint-Ouen.
Puis le développement des lignes de chemins de fer favorise la venue des parisiens lors des congés de fin de semaine. Ils viennent alors savourer les joies de la campagne et des loisirs du bord de l’eau, mais aussi boire et danser dans les nombreuses guinguettes de l’île.
Administration
L’Île-Saint-Denis est membre depuis le 1er janvier 2003 de la communauté d’agglomération Plaine Commune.
Lors des élections municipales de 2008, la liste de Michel Bourgain maire sortant (Les Verts) a été menacée au second tour par une liste d’union de la gauche menée par Joël Flandrin (PCF), qui s’est constituée après une primaire à gauche au premier tour.
Le liste de Michel Bourgain a remporté l’élection au second tour avec 36 voix d’avance (sur 2 228 votants).