Réformons la santé

Je réaffirme mon soutien au projet de loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoire » présenté par la Ministre de la Santé et des Sports, Roselyne BACHELOT. Les reproches perpétuels faits par les Socialistes afin de dénigrer ce texte sont caricaturales mais surtout inexactes et infondées. La gauche souhaite créer la confusion sur une réforme ambitieuse et novatrice. Je rappelle que malgré la crise économique, le Gouvernement a augmenté de 3,1 % des dépenses hospitalières, consacré 10 milliards d’euros à un plan d’investissement pour l’hôpital, affecté 70 millions d’euros du plan de relance à la rénovation des hôpitaux psychiatriques et prévoit la création de 100 000 emplois en 10 ans. Voulu par le Président de la République, ce projet de loi constitue une avancée indispensable en matière d’organisation hospitalière et d’accès aux soins. Cette réforme replace le patient au centre de notre système de santé, renforce l’hôpital grâce à une meilleure lisibilité de son organisation et consacre la création des Agences Régionales de Santé. Il faut continuer à promouvoir le système de santé français. C’est en poursuivant sa modernisation autour des besoins des patients, en valorisant les professionnels de la santé et en le dotant d’importants moyens financiers que nous le sauvegarderons.
Mike BOROWSKI
2 réponses
Salut Gérarld,
La loi HSPT sera forcément remaniée, puisqu’en passant par le parlement une loi est forcément victime d’amendements des députés d’abord puis des sénateurs. D’ailleurs il est excessivement rare pour ne pas dire jamaisn, de voir un projet de loi voté en l’état.
Forcément le parlement apportera des améliorations là où la loi en a besoin.
Concernant le fond le travail administratif et financier ne doit pas être de la compétence des médecins, ce n’est pour ainsi dire pas leur boulôt. Le personnel hospitalier doit avant tout se concentrer sur la santé des patients et non pas sur la gérance d’une administration.
Ca ne signifie pas pour autant que le personnel hospitalier est écarté des décisions importantes.
Mais bon Gérald, ça ne reste que mon avis.
A+
Mike









La Loi HPST (Hôpital Patients Santé Territoires) adoptée récemment fait couler beaucoup d’encre et est en train de mobiliser contre elle tous les médecins des hôpitaux -notamment ceux de Paris (l’AP-HP) et ses mandarins. La Ministre leur a répondu et Nicolas Sarkozy adopté quelques adaptations.
Avant de parler du fond, plusieurs points de forme méritent d’être soulignés. D’abord, un mouvement de protestation issu des plus grands patrons de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est suffisamment rare pour être souligné. Ensuite, les clivages politiques habituels ont disparu et des chefs de services de droite comme de gauche se retrouvent sur le même terrain pour dénoncer une démédicalisation de l’hôpital au profit des directeurs d’hôpitaux. Enfin, le motif n’est pas une défense catégorielle de tel ou tel intérêt mais concerne véritablement l’avenir de nos hôpitaux et de la conception que les soignants s’en font.
Sur le fond, quel est l’enjeu ? L’enjeu est une démédicalisation des décisions stratégiques au sein de l’hôpital public et plus largement un évincement des soignants. Sous couvert d’une réforme hospitalière, voire de la santé, indispensable, le projet servi ne répond pas aux problèmes posés; il ne ferait que déplacer le centre de gravité vers des décisions purement administratives et financières alors que les objectifs doivent être centrés sur les soins.
Les médecins et plus largement les soignants sont conscients et demandeurs d’une réforme de l’hôpital; ils ont pleinement mis en œuvre le Plan Hôpital 2007, embrassé la création des pôles qui regroupent des activités logiques et complémentaires et sont entrés dans une logique d’efficience (tarification à l’activité,…). L’époque “la santé n’a pas de prix” n’est plus d’actualité et tous les soignants l’ont compris dans une démarche de progrès et de qualité des soins.
Mais la finalité d’un hôpital reste le soin, au sens large (curatif, dépistage, éducation thérapeutique,….) et notre quotidien nous montre combien la vision d’un administratif diffère de celle d’un soignant; la solution est dans la complémentarité de ces visions et des décisions.
Qui d’autre qu’un soignant peut co-diriger un hôpital et impulser un projet de soin ? Par qui les patients veulent-ils être soignés ? Une direction purement administrative pénaliserait en premier les patients avec un projet médical dicté par une administration obnubilée par des notions de rentabilité au détriment du médical. Les deuxièmes pénalisés seraient les professionnels de santé, transformés en OS du soin, sans participation aux décisions stratégiques….Quel intérêt alors pour un jeune médecin de rester à l’hôpital public plutôt que d’exercer son “art” en libéral où il gagnera largement mieux sa vie ? A l’heure d’une pénurie médicale dans des spécialités comme l’anesthésie réanimation, la pédiatrie, la radiologie, l’obstétrique…dans les hôpitaux publics, ce projet ne fera que renforcer la fuite vers le privé et appauvrir “médicalement” l’hôpital (riche de personnels administratifs en revanche). L’enjeu est donc aussi démographique.
Les médecins ne sont pas les Anciens dans une vieille querelle Anciens/Modernes; les faire passer pour tels est malhonnête. Ils veulent défendre, toutes générations confondues (pas uniquement les grands patrons), l’hôpital public et prendre une part active à sa transformation. Personne ne peut contester que soin et efficience vont de pair. L’hôpital a connu une ère du “tout pouvoir médical”; cette ère est révolue. Il ne faut pas qu’il connaisse celle du “tout pouvoir administratif”.